Les nombreux journalistes présents sur place le confirment: ils n'ont pas été très bavards, hier soir et cette nuit, les ministres des finances européens, réunis à Luxembourg. Jean-Claude Junker a parlé. La ministre espagnole également. "Les autres ont tiré profit de la configuration des lieux", m'expliquait, tout à l'heure, Quentin Dikinson, notre envoyé spécial sur place. Ils ont réussi, sans problème, à se tenir à bonne distance des micros et des caméras. A ce jeu, Christine Lagarde n'a pas été la plus mauvaise: elle n'a pas dit un mot. Ni en arrivant, ni en partant. Ca ne lui ressemble pas. Peut-être parlera-t-elle, aujourd'hui. Son entourage ne le promet pas, en tout cas. Ca va dépendre du résultat final de ces rencontres, c'est "classique" dans ce genre de rendez-vous... Et particulièrement pour Christine Lagarde cette fois-ci. Qui se trouve dans une situation "inédite", voire inconfortable. A Luxembourg, en effet, depuis hier soir, Christine Lagarde est-elle la ministre française de l'économie, ou la futur Directrice générale du FMI? Vous allez me dire, "ça ne change pas grand chose": la "Lagarde-FMI" et la "Lagarde-France" travaillent au même objectif: sauver la Grèce. Sauf que le FMI, dans la négociation en cours, ne dit pas tout à fait, la même chose que le gouvernement français, et ses partenaires européens, puisque c'est lui, le FMI, qui rechigne depuis quelques jours, à débloquer la 5ème et dernière tranche de l'aide accordée l'année dernière: les 12 milliards attendus d'ici la mi-juillet. Le Fonds Monétaire International doit en verser environ le quart et, du coup, il insiste lourdement pour que le gouvernement grec donne des gages supplémentaires ("plus de rigueur", pour faire court) avant de faire son chèque. La réunion de Luxembourg consiste, donc, bien aussi, pour les ministres européens et donc, la ministre française, à convaincre le FMI de la bonne volonté d'Athènes. Et Christine Lagarde, pour le coup, peut apparaître non pas en porte-à-faux (ce serait très exagéré. Et même faux) mais, disons "en légère schizophrénie". Comme assise simultanément des 2 côtés de la table. L'illustration, peut-être, de ce que dénonce son adversaire au poste de Directeur général du FMI, le mexicain Agustin Carstens, qui a dénoncé, lui, carrément, la semaine dernière, un "conflit d'intérêt". Nicolas Sarkozy renonce à taxer les maisons secondaires des non-résidents. C'est un recul discret, opéré ce week-end. Le Chef de l'Etat a décidé de renoncer à la taxation des maisons secondaires des non-résidents. Qu'ils soient Français, ou étranger. "Cette taxe était mal comprise" affirme l'Elysée. Elle devait compenser une (petite) partie des pertes fiscales engendrées par l'allègement de l'Impôt sur la Fortune. Le gouvernement doit, donc, maintenant trouver 176 millions d'euros de recettes nouvelles, s'il veut continuer à afficher l'équilibre de sa réforme fiscale. Le "salon de tous les records". C'est comme ça que certains présentent le 49ème Salon aéronautique du Bourget, qui commence aujourd'hui. Airbus et Boeing prévoient de signer plusieurs centaines de commandes, au cours de cette semaine. La Grèce. Plus de 7 heures de réunion, hier soir, à Luxembourg pour les ministres des finances de la zone euro. Le déblocage d'une aide immédiate se précise (12 milliards, à la mi-juillet). Mais aussi l'élaboration d'un plan à plus long terme.

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