Jean-François Pilliard était au concert de Leonard Cohen, mardi soir, à Bercy. "Son cadeau d'anniversaire", raconte "Les Echos", ce matin. Qui ajoute qu'il n'a pu s'empêcher -déformation professionnelle- de penser à la réforme des retraites, au cours de cette soirée: "voir ce chanteur de 79 ans sur scène, ça fait réfléchir sur le débat en cours" lâche l'un des hommes forts du patronat français, qui prône le recul de l'âge légal. Alors que s'ouvre, dans quelques minutes, la 2ème "Conférence Sociale" du quinquennat Hollande, Jean-François Pillard, issu de l'UIMM, est, plus que jamais, un homme-clé, pour les mois qui viennent. L'annonce a pu passer inaperçue, mais Pierre Gattaz, le futur président du Medef vient de révéler, qu'une fois élu, il en fera son vice-président chargé du "pôle social". Au passage, si on compte bien, ça fera 3 vice-présidents, au total: Geoffroy Roux de Bézieux et Patrick Bernasconi étant destinés à devenir, l'un et l'autre, vice-président délégués. C'est, à ce prix là que l'unité patronale a été obtenue! Jean-François Pillard se verra, surtout, confier la présidence de la Commission sociale du Medef. Avec des compétences élargies, comme par le passé, puisqu'elle sera chargée des questions de l'emploi, de la formation professionnelle, et de la protection sociale. Bref, de tous les dossiers "chauds" à venir. A l'Elysée, un conseiller se dit rassuré par cette nomination, qui garantit la continuité avec Laurence Parisot (Jean-François Pillard était déjà dans son équipe). C'est un partisan du dialogue, un fin négociateur, mais qui sait plier: le Medef, ces dernières mois, a dû accepter des hausses de cotisations dans les Accords qu'il a signés. Le "Medef de combat", promis par le candidat Gattaz semble moins dangereux, vu comme ça. Même si, à la Conférence sociale, ses représentants arrivent, ce matin, avec la ferme intention de rappeler, que pour eux, la priorité reste, bel et bien, à la baisse du coût du travail. Le Crédit d'Impôt Compétitivité Emploi, du point de vue des patrons, n'était qu'une étape. "Il faut poursuivre" disent-ils, en supprimant les cotisations de la branche "famille", à la charge des employeurs. Le gouvernement ne voit pas vraiment les choses de cette façon.

Mieux. Les embauches repartent à la hausse. C'est ce qui ressort de chiffres publiés, ce matin (par l'ACOSS, la "caisse centrale" des URSSAF). Les déclarations d'embauches sont en hausse de plus de 6%, en mai. Après 3 mois consécutifs de baisse. Il s'agit en grande majorité de CDD, de plus d'un mois. On les a recensés dans le commerce, la construction et l'hébergement-restauration.

Moins. La décision était attendue: la Réserve Fédérale Américaine a décidé, hier soir, d'amorcer la fin de son soutien massif aux marchés financiers. L'opération est délicate, il ne faut pas créer la panique. Depuis le début de cette année, pour tenter de relancer l'économie et réduire le chômage, la FED injecte 85 milliards de dollars, chaque mois, sur les marchés. Elle annonce qu'elle pourrait commencer à réduire ses opérations dès cette année.

Lettre(s). La lettre de Christine Lagarde à Nicolas Sarkozy. Et le fameux "utilise-moi". Le journal "L'Opinion" apporte des précisions, ce matin. Cette lettre, ce "brouillon de lettre" date de 2008. Christine Lagarde, ministre de l'économie, venait alors de gaffer, une nouvelle fois, en critiquant publiquement l'Allemagne. Sermonnée par Nicolas Sarkozy, elle rédige des projets de lettre en réponse. L'une proposant sa démission. L'autre, sa soumission. Aucune n'a été envoyée, selon le journal.

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