C'est un économiste, en contact quasi-permanent avec les traders, de Wall street ou de la City à Londres, qui l'a remarqué. Depuis quelques jours. En fait, depuis l'arrestation de Dominique Strauss-Khan, à New York, la fameuse phrase est réapparue au bas des mails qu'il reçoit: "la fin du monde est dans un quart d'heure". Il s'agit autant d'une blague potache que d'une manière de conjurer le mauvais sort: les salariés de la finance l'inscrivaient, systématiquement dans leur correspondance, au cours des jours qui ont suivi la chute de Lehman Brothers, en 2008. On était alors, en pleine tempête financière: les banques tombaient comme des mouches, ça pouvait se comprendre, mais aujourd'hui? Qu'est-ce qui les fait tant trembler? Et que vient faire DSK là-dedans? Notre économiste s'étonne qu'on pose la question: "mais c'est la crise grecque, bien sûr!". "Nous sommes à un moment charnière où, à nouveau, tout peut arriver: la faillite de la Grèce, son abandon de l'euro et l'implosion de la zone euro!" Les investisseurs sur les marchés, en ce moment, "broient du noir" confirme un autre expert. Et c'est dans cette ambiance qu'est survenue "l'affaire Strauss-Khan". Son effacement, et depuis hier, sa démission formelle du FMI, renforcent ce sentiment d'une crise devenue extrêmement aïgue. Pour dire dans quel état se trouve ces observateurs et ces opérateurs de marchés, l'un d'eux n'hésite pas à comparer l'arrestation de DSK à l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, à Sarajevo, en 1914, considéré comme l'élément déclencheur de la première guerre mondiale. Rien que ça! Pourquoi? Parce que Dominique Strauss-Khan avait l'oreille d'Angela Merkel. Il savait lui parler, la convaincre et c'est essentiel, crucial quand la résolution de la crise de la dette, en Europe, passe, forcément, par l'Allemagne. "On en vient à croire, effectivement, à la théorie du complot" lâche notre économiste d'habitude si posé, qui, quand même, se ressaisit. Le danger en tout cas aujourd'hui, poursuit-il, c'est bien de voir l'Allemagne lâcher la Grèce. Et de citer ce discours de la Chancelière, mercredi, fustigeant les vacances et les retraites "trop généreuses", dans les pays du Sud de l'Europe. A entendre notre économiste, cette semaine a vu la crise de la zone euro s'appronfondir, atteindre peut-être son "point d'orgue" mais -c'est dommage- nous avions, tous, les yeux braqués sur New York, son tribunal et sa prison. Lagarde.. "rock star". L'Europe semble se ranger derrière une candidature de Christine Lagarde pour succéder à Dominique Strauss-Khan au FMI: c'est effectivement l'impression qu'on a, ce matin. Silvio Berlusconi a estimé que Christine Lagarde serait un "excellent choix". "Ce serait la candidate idéale" pour le Luxembourgeois Jean-Claude Junker. A Berlin, un journal allemand affirme, de son côté, qu'Angela Merkel soutiendrait également la candidature de la ministre française, ce que dément toutefois officiellement la Chancellerie. A Washington, celui qui assure l'intérim à la tête du FMI... l'Américain John Lipsky a reconnu que Christine Lagarde faisait partie des candidats "talentueux et bien qualifiés" pour le poste. Mais ils sont "nombreux", a-t-il ajouté. 170 milliards. Des "montagnes de cash": c'est ainsi que Les Echos, ce matin, qualifie le niveau de la trésorerie des entreprises non-financières du CAC 40. Le journal le révèle: leur "trésor de guerre" se monte, aujourd'hui, à presque 170 milliards d'euros. Qui "dorment", donc, dans leurs comptes, mais qui pourraient leur permettre de relancer les fusions ou les rachats d'entreprises.

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