Peut-on, si facilement et sans conséquence, faire une croix sur 116 milliards de dollars? Peut-on refuser, sans peur de le payer au final, une offre équivalente, grosso modo, au PIB du Bengladesh? Les dirigeants du labo pharmaceutique AstraZeneca se sont forcément posé la question. Mais hier, quelques heures à peine après la nouvelle offre de rachat formulée par le géant américain Pfizer (le fabricant du Viagra), les dirigeants d'Astra ont lâché un "non", apparement ferme et définitif". L'offre de Pfizer était pourtant réhaussée de 15% par rapport à sa première version, mais rien n'y a fait, le "patriotisme économique", version anglaise a été plus fort. Aidé, il est vrai, par la très mauvaise réputation du prédateur. Pfizer, "requin financier", "dépeceur" des proies qu'il acquiert à coup de milliards, a eu du mal à convaincre, au Royaume-Uni, ces derniers jours, qu'il n'allait pas appliquer, chez AstraZeneca, les même recettes. "Son approche semble essentiellement dictée par la volonté d'offrir des retombées financières à ses actionnaires... à la faveur d'économies de coûts et d'optimisation fiscale": voilà comment le président d'Astra a commenté l'offre de Pfizer, l'américain, soupçonné -y compris dans son pays- de chercher à s'installer en Grande-Bretagne, pour bénéficier d'impôts plus bas qu'aux Etats-Unis. Auditionné la semaine dernière, à la Chambre des Communes, à son tour le Directeur général d'AstraZeneca -un Français!- Pascal Soriot avait lâché une petite phrase qui a fait mouche: "que devrais-je répondre à celui ou celle dont le père est mort du cancer parce l'un de nos médicaments a pris de retard en raison de l'optimisation fiscale ou des réductions d'effectifs? Le cancer, la référence ne doit rien au hasard: AstraZeneca développe actuellement un anti-cancéreux que l'on dit prometteur (il est en phase d'essai), un traitement que venait, précisément, chercher Pfizer. Et sur lequel Astra va s'appuyer désormais. Parce que c'est bien beau de défendre son indépendance, de refuser des avances jugées dangereuses, mais que va-t-il passer maintenant? Des actionnaires se plaignent, estiment que c'est une erreur (historique) d'avoir refusé une telle pluie de milliards. Une rebellion n'est pas impossible. Le titre Astra a perdu 11%, à la bourse, hier, à la suite de sa décision. Ses dirigeants, restés maîtres chez eux, vont devoir maintenant prouver qu'ils peuvent se développer, seuls. Ils ont promis, dans la bataille récente, de faire croître de 75% leurs revenus, dans les 10 ans.

Geste. Le gouvernement prêt à un geste pour les fonctionnaires. Ce ne sera pas le dégel de leur point d'indice. En revanche, Marylise Lebranchu, la ministre de la fonction publique a évoqué, hier, la possibilité d'étendre au secteur public la baisse prévue des cotisations salariales pour les bas salaires. Au 1er janvier prochain. Dans le privé, elle permettra une hausse d'une cinquantaine d'euros par mois, pour un smicard. Pour la fonction publique, "ce ne sera pas exactement le même dispositif" selon le ministère. La mesure sera précisée dans les prochaines semaines.Dans ta chmabre! Les Chambres de Commerce à nouveau menacées. Un pré-rapport, signé notamment par l'Inspection des Finances (et révélé par "Les Echos", ce matin) préconise une réforme en profondeur du réseau des CCI, le passage de 145 Chambres aujourd'hui, à seulement une par région! "Ce sont 6 mille emplois qui vont être détruits, des ports, des aéroports, des parcs d'explositions menacés de fermeture" rétorquent les Chambres de Commerce.

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