Bruce de Galzain.

Ce soir, le patron des patrons britanniques tiendra le diner annuel de son organisation. Mike Rake va lancer sa campagne de lobbying pour éviter que le Royaume-Uni sorte de l'Union Européenne. Car le Premier ministre David Cameron a promis un referendum avant 2017, ce pourrait même être dès l'année prochaine. Ce soir donc le patron des patrons britanniques dira qu'il faut choisir entre ouverture et isolement, il dira que l'Union européenne est essentielle pour la prospérité de son pays. Pourquoi ce lobbying ? Pourquoi avancer peut-être la date du référendum ? Eh bien pour abréger ce qui commence à inquiéter : cette période d'incertitude pendant laquelle les investisseurs réfléchissent à tous les scénarios comme la Deutsche Bank qui hier annonçait étudier les conséquences d'un "Brexit" la sortie du Royaume Uni de l'Union Européenne. Et même si à Londres les milieux financiers sont à peu près tous convaincus qu'hors de l'Union il n'y a point de salut, cela n'empêche pas les investisseurs d'anticiper les risques. C'est le cas de l'assureur français AXA qui tenait son symposium à Londres il y a quelques jours la veille des élections. Et le "Brexit" était sur toutes les lèvres : "Les fonds norvégiens, chinois et japonais investissent sur 20 ans et ont donc besoin de savoir" explique Eric Chaney, le chef économiste du groupe Axa qui envisage 4 scenarios. Les moins probables, la balkanisation et donc la fin de l'Union ou bien une mini zone euro très fédéraliste et interventionniste. Et puis il y a les scenarios plus probables, une zone de libre-échange sans les pays du sud avec ce que l'on appelle le laisser-faire en matière économique une ligne libérale et une Europe plus fédéraliste. Et enfin une Union européenne forte avec le même laisser-faire et des politiques nationalistes qui renforceraient le contrôle des frontières et le pouvoir militaire. Mais le chef économiste du groupe Axa ne se prononce pas sur le scénario qui se dessine et préfère citer la théorie de la banane bleue : cet axe en forme de banane qui part de Manchester pour arriver à Milan en passant par Londres, le Benelux, une partie de la France Lille, Lyon, l'Allemagne de l'ouest, du sud, la Suisse, et le nord de l'Italie… le cœur de l'Europe, l'une des zones du monde où se concentrent le plus d'habitants, de richesses et d'industrie. Autrement dit il n'y a pas en Europe que des politiques économiques nationales, il y a aussi l'économie des villes… et Londres en fait partie !

Patrick Drahi a-t-il les yeux plus gros que le ventre ? Il vient de racheter SFR et pense déjà à prendre pied aux Etats-Unis. Patrick Drahi pourrait investir jusqu'à 10 milliards de dollars pour s'offrir Suddenlink Communications, le 7eme câblo-opérateur américain... ce qui ne manquera d'inquiéter les syndicats de SFR et Numéricâble qui dénoncent déjà la dette colossale selon eux de 13 milliards et demi d'euros et les méthodes de management pour rationaliser les coûts !

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