Aux Etats-Unis, on voit le scandale AIG grossir un peu plus chaque jour. Tout est parti de ces primes (plus de 165 millions de dollars, au total) accordées à certains salariés alors que leur employeur, le géant de l'Assurance, ne doit sa survie qu'aux dizaines de milliards de dollars d'argent public injectés. Barack Obama s'en est "étouffé de colère" (on se souvient de l'épisode). Et face à l'indignation générale, la Chambre des représentants a, hier à Washington, voté une Loi permettant de taxer à 90% ces fameuses primes. Evidemment, rien ne peut être comparé à AIG, où tout prend des proportions absolument gigantesques (100 milliards de dollars de perte, l'année dernière!). En France, la Société générale -puisqu'on va parler d'elle- reste bénéficiaire (elle l'était restée aussi, malgré l'affaire Kerviel). Mais dans la situation actuelle, le plan d'attribution de stock-options que la banque française vient de révéler devrait faire polémique. La Société générale vient d'accorder des milliers de stock-options à ses principaux dirigeants : 150 mille pour le directeur général, Frédéric Oudéa, 70 mille pour le président Daniel Bouton... et 50 mille pour chacun des 2 directeurs généraux délégués. Dans un communiqué, la banque précise que ces stocks-options sont accordées "sous condition de performance", et sous certaines contraintes mais l'opération pour les 4 dirigeants est juteuse : le cours de bourse de la Société générale est au plus bas aujourd'hui. Dans 3 ans (date à partir de laquelle les stock-options pourront être levées), le titre Société générale se sera, sans doute, redressé : ça veut dire que c'est en millions d'euros que se chiffrera le gain des patrons de la Générale ! Une banque qui bénéficie de l'aide publique et qui souhaite participer à la 2ème tranche du Plan de recapitalisation. Le gouvernement avait imposé aux patrons de banques qu'elle décidait d'aider, de renoncer à leurs bonus. Ceux de la Société Générale avait semblé rechigner, avant, finalement, de céder. Leurs stock-options, accordées cette semaine, ressemblent, du coup, à un sacré pied-de-nez (pour le dire gentillement). Et jusqu'ici personne ne s'est étouffé ! Vers un recul de 3% du PIB, cette année, en France ? L'INSEE ne le dit pas comme ça, mais c'est bien le scénario le plus probable qui ressort de sa nouvelle note de conjoncture, publiée ce matin. "Le recul de l'activité surprend par son ampleur", affirme l'Institut. L'acquis de croissance sera de -2,9%, fin juin : ça veut dire que seul un très fort rebond, après l'été, pourrait éviter le pire, c'est-à-dire la récession la plus profonde depuis la seconde guerre mondiale. Toujours selon l'INSEE, au premier semestre de cette année, près de 400 000 emplois vont être détruits. C'est davantage que la prévision du gouvernement pour l'année entière ! La seule consolation, c'est que la France devrait s'en sortir moins mal que d'autres, l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou le Japon notamment. Une des explications, c'est que nous sommes moins dépendants qu'eux du commerce mondial. Malgré cette dégradation accélérée de la situation économique, les dirigeants de l'Union européenne, réunis à Bruxelles, ont, à nouveau, rejeté hier, l'idée d'un nouveau plan de relance. Même détermination, à Paris, de François Fillon. Cette fois-ci, le premier ministre répondait aux 3 millions de manifestants (selon la CGT) qui sont descendus dans la rue pour réclamer des mesures en faveur de l'emploi et du pouvoir d'achat. Pour François Fillon, les mesures du Plan de relance et du Sommet social vont bientôt produire leurs effets. En décider de nouvelles ne ferait que creuser encore plus les déficits.

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