"C'était un ministre qui connaissait, parfaitement, ses dossiers... et ils ne sont pas si nombreux dans ce gouvernement!" C'est ainsi que Gilles Carrez, le président UMP de la Commission des Finances à l'Assemblée nationale commentait, hier soir, la démission de Jérome Cahuzac. Une belle façon de lui rendre hommage, sans quitter son bord politique. Pour Gillles Carrez, Jérôme Cahuzac était le seul, au gouvernement, à avoir pris la mesure de la situation, "a avoir compris, dit l'élu UMP, que la France, sur le plan financier, va dans le mur". "Les autres ministres ne proposent que des dépenses nouvelles, le dernier en date, c'est Vincent Peillon et sa prime pour les instituteurs", dit Carrez. "Pour résister à ça", poursuit-il, il faut connaître ses dossiers sur le bout des doigts, avoir un caractère fort, et donc savoir dire "non". Bernard Cazeneuve qui le remplace à Bercy, a-t-il les mêmes qualités? "Il a l'air... précis" répond simplement l'expert UMP des finances publiques. A Gauche, toujours au sein de cette Commission des Finances de l'Assemblée, on cherche également les qualités du nouveau patron du budget, qu'ils ne connaissent pas beaucoup (il n'a jamais fait partie de la prestigieuse enceinte). Bernard Cazeneuve est "compétent", "bosseur", "il parle sans note", "il a une bonne mémoire", "il sait travailler avec les parlementaires" (patchwork des réactions recueillies)... mais les députés socialistes de la Commission sont, en fait, "sonnés" par le départ de Jérôme Cahuzac. "C'est une catastrophe" lâche même l'un d'eux, "Cahuzac tenait la maison, c'était l'homme qu'il fallait à la bonne place". "Franchement, ça commence à tanguer, dangereusement" conclut-il. "Il ne manquait plus que ça" ajoute un autre élu socialiste, qui regrette déjà la combativité de Jérôme Cahuzac: "il était aussi celui qui savait taper sur la Droite". Finalement, un troisième rejoint Gilles Carrez dans son commentaire: "on le voit aujourd'hui, notre projet à la Présidentielle, puis aux Législatives, était "mal préparé, mal évalué" -c'est bien un député socialiste qui parle-, Jérôme Cahuzac était le seul qui avait les armes pour corriger le tir". Chypre. Pas une seule voix, hier, ne s'est exprimée en faveur du texte, au Parlement chypriote. Le plan de sauvetage, incluant une taxe sur les dépôts bancaires, a été rejeté. Sous la pression de la population, mais aussi, tactiquement, pour donner du temps au gouvernement de l'île pour renégocier. Ce vote n'est, en effet, pas encore synomyne de rupture avec le reste de l'Europe: la Banque Centrale Européenne, pour le moment, maintient son soutien financier aux banques chypriotes et l'eurogroupe ses 10 milliards d'euros d'aide mais Chypre va devoir trouver, très vite, un plan alternatif pour éviter la faillite. Le ministre chypriote des finances est attendu, aujourd'hui, à Moscou. Ouf. L'inflation faible (elle est attendue, désormais, à 1,2%, cette année) donne un "petit coup de pouce" au gouvernement. Elle lui permet de limiter la hausse des pensions de retraite à 1,3% seulement, au 1er avril prochain. Les prestations familiales, elles, n'augmenteront que de 1,2%. Par rapport à ce qui était prévu, l'économie réalisée sur les dépenses publiques, dépasse le milliard d'euros, selon les Echos ce matin.

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