SFR racheté par Bouygues ?
SFR racheté par Bouygues ? © PHOTOPQR/L'ALSACE/Jean Francois Frey / PHOTOPQR/L'ALSACE/Jean Francois Frey

C'est étonnant comme l'histoire de la vente de SFR n'en finit pas... de ne pas finir. Dans la presse, ces dernières heures: "Numéricable doit plus de 36 millions au fisc", "Patrick Drahi (son patron) est sous le coup d'un contrôle fiscal". Plus officiellement: "SFR pourrait devenir suisse: ce n'est pas neutre, c'est une vraie question": ça c'est Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement qui l'a dit, lors du compte-rendu officiel du Conseil des ministres. Lundi, c'est encore Jean-Pierre Jouyet, le patron de la Caisse des Dépots, qui faisait rajouter une phrase à son interview des Echos, pour se dire prêt à soutenir un rapprochement entre SFR/Bouygues. En fait, on se croirait une semaine plus tôt, c'est-à-dire en pleine bataille pour le rachat de SFR, comme si Vivendi n'avait pas choisi! Comme si l'histoire n'était terminée. Lundi, lors de sa conférence de presse, Patrick Drahi, le patron du Numéricable, le candidat finalement retenu, a parfaitement joué la sérénité, ne voyant pas ce qui pourrait faire capoter les négociations exclusives engagées: "le contrat est ficelé, l'argent est sur la table". Alors pourquoi des peaux de bananes sont-elles encore lancées? Pourquoi le gouvernement maintient-il la pression sur lui, au risque d'envoyer un bien vilain message aux investisseurs du monde entier? Dans l'entourage de Numéricale, on l'explique ainsi: "parce que, d'un côté, Martin Bouygues est prêt à tout et parce qu'il joue la survie de sa filiale télécom. Et parce que, de l'autre, Arnaud Montebourg est revanchard, accroché à son idée qu'il y a un opérateur mobile de trop en France". Alors qu'effectivement, on ne voit pas à ce stade ce qui pourrait entraver le mariage SFR-Numéricable, c'est, en fait, une petite phrase qui alimente les spéculations et "qui maintient l'incertitude" comme le dit un bon connaisseur du dossier. Cette petite phrase a été glissée dans le communiqué de Vivendi, vendredi dernier, confirmant son choix pour Numéricable. Elle annonce le délais pour conclure le "deal" ce qui ne se fait quasiment jamais (3 semaines, en l'occurence), et prévient "le conseil de surveillance se réunira à nouvau pour examiner les suites à donner et s'il doit, en conséquence, mettre un terme aux autres options envisagées". Certains ont vite traduit: des administrateurs, au sein de Vivendi, ne sont pas totalement convaincus par l'offre de Numéricable, malgré la quasi-unanimité affichée, et se réservent, donc, le droit de revenir sur leur choix. C'est "peu probable", une fois encore, mais suffisant pour pousser certains à entretenir le suspense.

Pas gagné. Les "droits rechargeables" sont au coeur des négociations sur l'assurance-chômage, qui doivent s'achever aujourd'hui. Théoriquement, c'est la dernière séance de négociations, mais ce n'est pas gagné, tant les positions semblent encore très éloignées. Le Medef fait du redessement des comptes (de l'Unedic) la priorité, refuse toute augmentation de cotisations, et souhaite obtenir le début d'une réforme du régime spécifique des intermittents du spectacle. Pour les syndicats, il n'est pas question de rogner les droits de demandeurs d'emploi, à l'heure d'un chômage massif. Les débats portent sur les "droits rechargeables", système qui permettrait à un chômeur de conserver ses droits acquis, même s'il reprend un travail. Mais, selon où on place le curseur, ça peut coûter cher. Son instauration pourrait, en tout cas, permettre d'en finir avec les nombreux "indus" qui pourrissent la vie des chômeurs, ces sommes qui leur sont versées par erreur, et qu'ils se voient obligés de rembourser. Souvent dans des délais très courts.

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