Il y a un an, on ne parlait que de la hausse des prix : celui du baril de brut qui s'envolait, comme ceux de l'énergie et des matières premières agricoles. Les grandes marques, les supermarchés s'empressaient de répercuter ces hausses sur les étiquettes : "l'inflation est de retour" expliquaient les économistes aux ménages déprimés par leur pouvoir d'achat raplapla. Désormais, c'est tout l'inverse ! Aux Etats-Unis, l'indice des prix à la consommation publié hier, a révélé un recul des prix de 1%. Du "jamais vu" depuis 1947, en fait depuis la date de création de cette statistique ! La veille, mardi, c'est la Grande-Bretagne qui publait un indice des prix orienté à la baisse. Les débats entre économistes ont, du coup, totalement changé de nature : on se dispute, maintenant, pour savoir si oui ou non, nous risquons d'être confrontés à une vraie et profonde déflation. La déflation, c'est un phénomène tout aussi dévastateur que son opposée (si on peut dire) l'inflation. La déflation, c'est un engrenage. Pour liquider leurs dettes, les investisseurs commencent à vendre, quel que soit le prix. Les prix baissent, donc. Et tout le monde commence à anticiper la poursuite du mouvement : on attend pour acheter, pour investir, pour produire, que les prix baissent encore. Et finalement la machine s'arrête totalement. Les salaires sont poussés à la baisse. Les faillites se multiplient. Comme les mises au chômage. On s'enfonce dans la récession. C'est ce qu'ont vécu les japonnais dans les années 90. C'est le "scénario catastrophe", que certains commencent donc à évoquer. Un peu pour se faire peur, parce qu'on n'y est pas encore. Sans doute pour provoquer une réaction forte des autorités. Des autorités monétaires d'abord, pour qu'elles n'attendent pas qu'il soit trop tard pour baisser les taux d'intérêt. Des autorités politiques ensuite : pour qu'elles relancent l'économie sans mégoter sur les sommes à engager. Nouveau "coup de mou" sur les places boursières. Tokyo vient clôturer sur une forte baisse : -6,89%. Hier, Wall Street a dégringolé de 5%. Reculs identiques à Paris, Londres et Francfort. Les marchés sont devenus extrêmement volatiles et surréagissent aux bonnes ou mauvaises nouvelles. Hier, c'est la menace d'une forte récession aux Etats-Unis qui a déprimé tout le monde. Tokyo a enchaîné, ce matin, après l'annonce, au Japon, d'un déficit commercial pour le mois d'octobre : le premier depuis 26 ans. L'Automobile ne va pas bien. Peugeot-Citroën va fermer son usine de Sochaux, pendant tout le mois de décembre, selon la presse de ce matin. Pour PSA, il s'agit d'éviter le gonflement des stocks alors que les ventes de voituires reculent. 130 milliards ? Face à cette situation, l'Europe prépare un Plan de relance : il devrait être annoncé, la semaine prochaine. Selon Berlin, il s'élèvera à 130 milliars d'euros. Chiffre que ne confirment, à ce stade, ni la Commission européenne, ni la présidence française de l'Union. 20 milliards ! Ce matin, Nicolas Sarkozy doit dévoiler les contours de son Fonds d'investissement, annoncé il y a quelques jours. 20 milliards destinés à soutenir les entreprises françaises.

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