C'est un épisode "qui a laissé des traces au sein du groupe socialiste et dans la majorité. Il a "certainement contribué à brouiller le message et le slogan de la campagne présidentielle: "le redressement dans la justice". C'est le député PS Pierre-Alain Muet qui écrivait ceci, il y a quelques mois, dans un petit livre consacré à la politique économique du gouvernement. Son titre "Le bon chemin": autant dire que ce n'est pas un brûlot anti-gouvernement, mais on y trouve, donc, ces quelques lignes, amères... qui viennent rappeler, au moment où une vaste réforme est annoncée, à quel point la matière fiscale est sensible, extrêmement compliquée. Explosive.

Cet épisode si douloureux, c'est celui dit des "pigeons". La "fronde" des entrepreneurs contre ce que Pierre-Alain Muet estimait être (dans sa version initiale, c'est-à-dire avant que le gouvernement modifie radicalement son projet) "une réforme majeure de l'impôt sur le revenu". Pourquoi, donc? Parce qu'elle posait le principe de taxer de la même façon le capital et le travail, explique-t-il. C'était une promesse du candidat Hollande (on en a parlé, ici même, hier)... le but étant de redonner de la progressivité à l'impôt, c'est-à-dire mettre fin à l'injustice la plus flagrante de notre système fiscal: le fait que les très riches paient, proprotionnellement, moins d'impôts que les autres! Grâce aux niches fiscales, oui. Grâce, surtout, au fait que le capital en France est moins taxé que le travail. Or, quand on est très riche, on doit ses revenus (et sa fortune) plus au capital qu'au travail. Donc, quand on dit, qu'on souhaite supprimer les "prélèvements libératoires sur les intérêts et les dividendes", supprimer le "prélèvement forfaitaire sur les plus-value de cessions de valeurs mobilières", plus personne n'y comprend rien d'accord, mais il s'agit bien d'une réforme majeure.

Et c'est bien ça que la révolte des "Pigeons" a réussi a casser, l'année dernière. Dans la majorité, certains regrettent, aujourd'hui encore, ce recul "trop rapide" du gouvernement. Et l'aboutissement de cette "crise": une réforme de la réforme, qui fait qu'aujourd'hui, la fiscalité sur les plus-values est "plus favorable aux entrepreneurs que sous Sarkozy".

L'économiste Thomas Piketty, chantre de la "révolution fiscale" et que tout le monde s'arrache depuis hier, tire le même bilan de cette histoire. Et cette conclusion: pour éviter les protestations catégorielles, ce n'est pas une politique "par petits bouts" qu'il faut mener, mais bien une réforme fiscale globale.

Pouce. Il ne devrait pas y avoir de "coup de pouce " au SMIC, au 1er janvier prochain. C'est, en tout cas, la recommandation du groupe d'experts sur le SMIC. "La reprise reste fragile, le marché du travail ne semble pas devoir s'améliorer avant un certain temps", écrivent-ils. Dans ces conditions, ces écononomistes préconisent de s'en tenir à la revalorisation automatique, "sans coup de pouce". Selon les Echos ce matin, le gouvernement aurait l'intention de suivre cet avis. Si c'était le cas, ça donnerait une hausse autour de 1,4% au 1er janvier, portant le SMIC à 1138 euros net par mois.Chômage. L'OCDE ne voit pas la courbe du chômage s'inverser en France... avant 2015. Si l'organisation, hier, a légèrement relevé ses prévisions de croissance pour la France (de 0,8 à 1%, l'année prochaine), elle estime que cette reprise ne sera pas suffisante pour réduire le chômage. Ni les emplois aidés, ni le Crédit d'impôt Compétitivité Emploi ne permettront, selon l'OCDE, d'inverser la courbe, en 2014.

Pour aller + loin

> Perspectives économiques, analyses et projectionsRésumé des projections économiques de l'OCDE

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.