C'est dans 3 semaines, le 10 décembre exactement, que Jean Tirole se verra remettre, officiellement, son Prix Nobel d'économie. Une grande cérémonie à Stockholm. Jean Tirole n'a pas l'air l'attendre avec impatience. Ou plutôt si, il espère qu'après, son emploi du temps redeviendra, enfin, normal, "comme avant". Hier, dans une voiture qui le conduisait, rapidemment, d'un déjeuner au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à une audition au Sénat (un peu plutôt, il avait répondu à l'invitation d'une banque, plus tard était calée une interview dans une radio), dans cette voiture, Jean Tirole disait n'attendre qu'une seule chose désormais: retourner à son labo toulousain, à ses recherches. Mais, pour l'heure, Nobel oblige, il passe, donc, d'un rendez-vous à l'autre. Impassible, toujours bienveillant, modeste mais avec des convictions bien affirmées, il répond à toutes les questions. Y compris la "question Pellerin", du nom de la ministre de la Culture: "peut-il citer un livre de Patrick Modiano?", l'autre Prix Nobel français de cette cuvée 2014. Il rigole en reconnaîssant le piège, avoue qu'il n'en avait lu aucun avant le mois dernier, mais qu'il s'est rattrapé depuis, en en lisant 3. "Ca se lit très facilement" dit-il. Ses travaux à lui, qui les a lu. Pas le grand public, évidemment, mais, hier, il dira plusieurs fois que ce qui lui a fait le plus plaisir dans les 50 pages rédigées par le Comité Nobel pour justifier son Prix, c'est le fait, souligné, que la Recherche fondamentale qu'il mène trouve des applications directes, dans la vraie vie. Là, Jean Tirole sort son téléphone portable pour expliquer son travail sur les brevets technologiques. Comment il a modélisé un système (je fais court) qui a permis de réduire leur prix. Mais hier, dans tous ces rendez-vous, Jean Tirole a été, évidemment, interrogé sur la croissance, le chômage, sur le réchauffement climatique. Il le répète: "aujourd'hui, on sait comment résoudre une partie de ces problèmes". Pour le chômage: c'est le contrat de travail unique (il en parlé avec François Hollande). Pour le climat: la taxation du carbone. Pour la croissance? Là, la réponse est moins tranchée. "C'est vrai, on est bloqué", dit Jean Tirole, la dette trop élevée, les taux d'intérêt trop bas nous privent des moyens d'agir. Mais il y a urgence, le monde qu'on laisse à nos enfants est bien sombre".

Suite et pas fin. La Commission de Bruxelles va-t-elle sanctionner la France pour son déficit budgétaire? Vous le croyiez fini, et bien non: le feuilleton continue. Souvenez-vous: fin octobre, le gouvernement français avait rajouté 3 milliards 6 à son équation budgétaire et la Commission européenne sortante avait validé, laissé passer. Mais, c'est maintenant à la nouvelle Commission, la Commisison Juncker, de se prononcer. Ce devrait être lundi prochain, et comme dans les épisodes précédents, les rumeurs se multiplient. Selon les Echos, ce matin, Bruxelles devrait accorder une "mention passable" qu budget 2015 de la France, et réclamer des efforts supplémentaires pour 2016 et 2017. Selon l'agence Reuters, la Commission serait carrément, prête à sanctionner Paris... une amende pour non-respect de ses engagements budgétaires.

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