AvtoVAZ s'approche dangereusement de la cessation de paiement: la nouvelle, hier, n'a pas franchement surpris. Elle inquiète beaucoup, en France, la direction de Renault. AvtoVAZ, c'est le premier constructeur russe de voitures -c'est le fabricant des célèbres Lada-. Hier, ses dirigeants ont lancé à un appel à l'aide: "si nos créanciers ne volent pas à notre secours, disent-ils, nous allons tout droit vers le dépôt de bilan". Jeudi dernier, le vice-ministre russe de l'industrie expliquait déjà qu'AvtoVAZ "remplit aujourd'hui toutes les conditions prévues par la Loi sur les faillites": le constructeur, à la fin de l'année devrait cumuler l'équivalent d'1 milliard 700 millions d'euros de dettes. Il doit impérativement trouver les moyens de financer ainsi qu'un vaste programme d'investissements, seul capable de relancer l'entreprise. Les actionnaires d'AvtoVAZ sont, évidemment, sollicités... et parmi eux, on trouve le Français Renault, qui détient un quart du capital du Russe. Carlos Ghosn, hier s'est dit prêt à le soutenir... mais, clairement, cette affaire tourne au cauchemar pour lui. Et en interne, c'est une histoire qui a terni son image de "grand patron visionnaire". Fin 2007, quand Renault a mis 1 milliard d'euros sur la table pour acheter de 25% d'AvtoVAZ, l'ambition c'était de relancer la marque Lada, en la modernisant (il y avait beaucoup à faire...) mais le marché russe de l'automobile était promis à un avenir radieux: futur premier marché d'Europe. Devant l'Allemagne! Seulement voilà, la crise est passée par là. Comme nulle part ailleurs, les ventes se sont effondrés.. une chute de 55% cette année. Et malgré les besoins, on ne s'attend à aucun redécollage rapide. Mais, il y a plus compliqué encore pour Renault et Carlos Ghosn, dans cette affaire: c'est la haute teneur "politique" du dossier. Vladimir Poutine ne quitte pas le dossier des yeux. Intervient. Pèse sur les décisions (par exemple, quand il faut valider des suppressions d'emplois). AvtoVAz est en Russie finalement, ce que Renault est en France (la dimension mafieuse en plus, affirment certains). Et Carlos Ghosn a l'air de le récouvrir. A ses dépens. Le dollar est trop faible! C'est l'avis des ministres des Finances de la zone euro. Ils étaient réunis, hier soir, à Luxembourg pour leur réunion mensuelle. Ils se disent préoccupés par la glissade de la monnaie américaine qui propulse l'euro à des sommets. Un euro vaut 1,50 dollar aujourd'hui. +18% depuis début mars. Cette situation pénalise les exportations européennes et hypothèque, surtout, les chances d'une reprise économique rapide dans les pays de la zone euro. Début, aujourd'hui, à l'Assembée nationale, de l'examen du budget 2010. Plusieurs sujets fâchent, y compris dans la majorité: la taxe carbone, la réforme de la Taxe professionnelle. Concernant le bouclier fiscal, Eric Woerth, ce matin dans les Echos, redit l'opposition du gouvernement à toute modification de son mode de calcul. Le ministre du Budget se dit, en revanche, "ouvert" sur un éventuel abaissement du plafond global des niches fiscales. Journée de grève, ou de mobilisation aujourd'hui... à Pôle Emploi, à la SNCF, à France Telecom... et à Servisair, à Orly.

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