Hier soir, le concert prévu au Théatre des Champs-Elysées, à Paris -Le Carnaval de Venise-, n'a pas pu avoir lieu. Concert annulé. En raison de l'appel à la grève de la CGT spectacle. "Ne pensez pas que cette grève me vise directement" affirme l'homme qui préside ce Théâtre des Champs-Elysées depuis de nombreuses années, "d'autres scènes parisiennes ont aussi été perturbées par l'appel national à la grève contre la réforme des retraites". "Sa" réforme des retraites. Puisque l'homme en question, passionné d'opéra, est aussi le Conseiller social de Nicolas Sarkozy, à l'Elysée: Raymond Soubie. Hier soir, au terme d'une 6ème journée de mobilisation syndicale depuis la rentrée, il semblait toujours aussi serein au téléphone. Les grèves? Le taux de gréviste est au plus bas, depuis juin, dans la fonction publique. Elle ne prend pas vraiment, à la SNCF. A la RATP, "il ne manquera aucun train aujourd'hui". Les raffineries? La pénurie de ce début de semaine est due à la panique des automobilistes, qui se sont rués aux pompes, le week-end dernier. Dans 5 jours, le temps de réapprovionner toutes les stations, les choses rentreront dans l'ordre. Les jeunes? Oui, ils étaient nombreux, hier: "15% des cortèges", concède le Conseiller élyséen. Les dérapages et les violences? Des actes isolés, évidemment regrettables, qui imposent une vigilence de chaque instant", mais pas de quoi, décidément, inquiéter Raymond Soubie, qui estime que le processus de la réforme ira à son terme. Comme il l'avait prévu. Au Sénat, insiste-t-il, le débat continue, au rythme voulu par les sénateurs, et c'est ce qui compte par dessus tout. D'ici la fin de la semaine, la réforme sera votée. Si c'est samedi, ce sera le jour de son anniversaire. Ensuite? On entrera dans une nouvelle phase. Raymond Soubie semble, non pas miser sur les vacances (il s'attend à une nouvelle journée de mobilisation) mais à un effritement de l'unité syndicale: mobiliser contre une Loi votée par un Parlement (légitime), ce n'est plus une action syndicale, mais une action politique: les organisations réformistes (la CFDT, notamment) finiront, donc, par quitter le mouvement, semble penser le Conseiller de Nicolas Sarkozy. D'ailleurs, comme pour les pousser définitivement en dehors de l'action, Raymond Soubie affirme -après Eric Woerth, il y a quelques jours- que quelques "améliorations", amendements au texte, peuvent encore "surgir", lors du débat, au Sénat. Malheurresement, il n'en a pas dit plus. Moins d'ISF. C'est François Baroin qui les a dévoilé, hier. Cette réforme de l'Impôt de Solidarité sur la Fortune est prévue, l'année prochaine, en même temps que la suppression du bouclier fiscal (ou sa modification). "Rien n'est tranché" précise le ministre du budget, mais une première idée serait de relever le seuil de déclenchement de l'impôt sur la fortune. Aujourd'hui, on y est tenu de le payer à partir d'un patrimoine supérieur à 790 mille euros. Ce seuil pourrait être relevé à 1 million 200 mille euros, selon François Baroin. Conséquence: 300 mille ménages seraient, du coup, exonérés d'ISF. Une bonne moitié, en fait. Un manque à gagner, pour l'Etat, de 300 millions d'euros. Les retraites-chapeau. Un rapport officiel, révélé par les Echos ce matin, estime que 89 mille personnes, en France, touchent aujourd'hui, une rente supplémentaire, grâce à ce système, très décrié, et que le gouvernement veut davantage taxer. Selon le rapport, le montant moyen de ces retraites-chapeau est très faible (mais c'est une moyenne): 323 euros par mois, seulement.

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