Il y a, une semaine exactement,étaient révélées les nouvelles règles de solvabilité... de prudence, peut-on dire... que les grandes banques de la planète vont devoir, à l'avenir, respecter. L'idée, c'est d'empêcher qu'une nouvelle crise financière, comme celle qu'on a connu, ne se reproduise. Cet Accord porte le nom de Bâle 3. Bâle, parce que c'est dans cette ville suisse qu'il a été négocié. "3", parce que c'est le 3ème du genre. Le principe de cet Accord, c'est d'obliger les banques à renforcer leurs fonds propres, c'est-à-dire à gonfler leur matelas de protection.. l'argent qui reste immédiatement à leur disposition, en cas de coup dur. L'idée, c'est qu'un Lehman Brothers quelconque ne se retrouve pas sans rien -condamné à la faillite-, en cas de difficulté. Alors, en apparence, l'effort nouveau qui va être demandé aux banques est immense: le ratio considéré (je vous fait grâce des noms et des définitions exactes) va passer de 2 à 7%. Traduction: à chaque fois qu'une banque accordera un crédit de 100 dollars, elle devra mettre de côté, 7 dollars "de précaution" (ça marche aussi avec les euros) Si vous avez suivi ça de près, la semaine dernière, vous savez que les banques ont, d'abord, plutôt mal accuillie ces annonces. Pour elles, ces nouvelles règles "de prudence" sont trop lourdes, et vont forcément peser sur les crédits accordés, notamment aux entreprises: ces crédits, à l'avenir, vont être moins nombreux et plus chers, prédisent les banques. Une semaine plus tard, on peut dire, tout de même, qu'elles semblent avoir plutôt bien digéré, cette affaire. "Un peu comme si de rien était", en fait. Signe qui ne trompe pas: à la bourse, les investisseurs ne se sont pas détournés des valeurs bancaires. Au contraire, ils en ont même acheté beaucoup, en début de semaine, preuve qu'ils n'anticipent aucun drame pour les banques. Ce qui les rassure: le calendrier de la réforme. Très long (trop long, disent certains): les banques ont jusqu'à 2018 pour se préparer, alors même que certaines ne sont, en fait, pas forcément très loin des futures nouvelles normes. Bâle 3, une semaine plus tard, donne l'impression (bizzare) de rater sa cible. Les fonds de tiroirs. Il lui reste quelques jours pour boucler le budget 2011, et il lui reste quelques centaines de millions d'euros d'économies à trouver pour tenir ses engagements de réduction des déficits. D'où cette série de petites mesures dévoilée, par la presse, ce matin. C'est, d'abord, la fin de l'avantage fiscal pour les mariés, divorcés et pacsés de l'année: finie la triple déclaration qui permet de réduire, pendant un an, ses impôts. La mesure doit rapporter 500 millions d'euros. Mais, ce n'est pas tout, selon les Echos, la déduction de CSG (basée jusqu'ici sur 97% du revenu) va, également, disparaître pour les hauts revenus. Surcroît de recettes attendu: 25 millions d'euros. Plus sensible: la fin des exonérations de charges sociales pour les emplois à domicile. Pour ceux qui connaissent, il s'agit, par exemple, des nounous payées "au réel": elles vont coûter plus cher. Enfin, pour encaisser 40 millions d'euros supplémentaires, les exceptions à la taxe sur les véhicules de société sont supprimées. Par exemple, les grosses cylindrées, accordées aux cadres dirigeants, ne pourront plus être déclarées comme "véhicules utilitaires".

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