Jamais, sans doute, l'expression "marathon budgétaire" n'aura si bien reflété la réalité, au Parlement. Un "marathon", c'est comme ça, effectivement, qu'on qualifie, chaque année, au début de l'automne, l'examen à l'Assemblée nationale et au Sénat, des 2 budgets de la Nation: celui de la Sécurité Sociale et celui de l'Etat. Mais, cette année, l'exercice est devenu complément fou: avec la crise de la zone euro, et l'affaiblissement de la croissance qu'elle a provoqué, 2 plans de rigueur (le 24 août et le 7 novembre) sont venus réécrire complétement les copies du gouvernement. Ce qui a multiplié par 2 le nombre de projets de Loi à examiner. Le Sénat, passé à gauche, a lui eu pour conséquence de multiplier les "navettes" entre les 2 chambres: les sénateurs réécrivant profondément, à chaque passage, les textes adoptés à l'Assemblée nationale, où la majorité est à droite. Les députés, au final (on le sait) ont le dernier mot, mais ces "va-et-vient" permanents donnent un peu le tourni. Hier, par exemple, à l'Assemblée, les députés ont rétabli, grosso modo, dans ses termes initiaux (ceux du gouvernement) le budget rectificatif pour 2011. Au total: 5 milliards de hausses d'impôts. Ce texte, le Sénat (à gauche) l'avait patiemment détricoté, il y a quelques jours, notamment en supprimant la hausse du taux réduit de TVA (de 5,5 à 7%). Finalement, les députés l'ont rétabli mais ont introduit un délai de 3 mois pour les livres, histoire de calmer la grogne des libraires. Mais pendant que les députés hier, retravaillaient ce texte, au même moment, le Sénat rejetait, lui, en dernière lecture, le projet de loi de finances pour 2012. Ce budget, qu'en première lecture, ces mêmes sénateurs avait également totalement remodélé (pour montrer qu'il existe une alternative à la Droite), mais que l'Assemblée avait, évidemment, rétablit dans sa version originale, il y a quelques jours. Avant, donc, cette nouvelle et ultime lecture au sénat. Je vous avait prévenu: on s'y perd. Au final, quand ces textes seront définitivement votés (peut-être aujourd'hui), c'est une vingtaine de milliards d'euros d'économies qui aura été adoptée pour l'année prochaine. Un effort inédit en pleine année electorale. Mais déjà, on annonce un nouveau budget rectificatif pour le tout début de l'annnée. Un "3ème plan de rigueur", disent ceratins. Le marathon n'est pas terminé.

230 millions. La SNCF s'apprête à verser 230 millions d'euros de dividende à son actionnaire... l'Etat! Information des Echos, ce matin. 230 millions, c'est un record. En 5 ans, c'est-à-dire depuis que l'Etat a décidé de "ponctionner" ainsi la compagnie ferroviaire, la SNCF aura versé un peu plus de 600 millions d'euros de dividendes à son seul et unique actionnaire. Pour 2011, la question, maintenant, pour le gouvernement va se poser: que faire de cet argent? Le réinvestir dans le réseau ferroviaire, pour accéler sa rénovation. Ou le garder pour réduire le déficit budgétaire.178 milliards. Le déficit et la dette justemment: l'année prochaine, la France empruntera 178 milliards d'euros, sur les marchés financiers. Bercy a dévoilé, hier, son programme de financement.160 millions. En plein débat sur le financement des syndicats, l'Etat décide de mettre 5 400 agents de la fonction publique à disposition des organisations syndicales. C'est ce qu'on appelle les "décharges de service". Coût total pour l'Etat: 160 millions d'euros.

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