"On pensait se débarrasser d'Hersant". Résultat: "on le garde et en plus, on récupère Tapie!". C'est un journaliste de la Provence, cité par le Journal Le Monde, qui disait, ainsi, son "abattement" hier. Un bon journaliste parce qu'en quelques mots, il a parfaitement résumé la situation. Bernard Tapie revient à Marseille, pourquoi? Tapie réalise un fracassant retour dans les affaires, pourquoi? Ces questions sont légitimes mais il y a aussi le "comment?", un peu vite négligé. Quand on se penche sur les conditions de sa prise de contrôle de 50% de GHM, le Groupe Hersant Médias -ce qu'il reste de l'empire du "Papivore", comme on surnommait Robert Hersant, le fondateur- on se dit que "Nanard", à 69 ans, et après toutes les turpitudes qu'il a connu, n'a manifestement pas perdu la main. On se dit aussi, au passage, que la famille Hersant, elle non plus, n'a pas si mal joué dans toute cette histoire. Certes, maintenant, elle doit partager le pouvoir avec un allié de circonstances qui ne sera pas forcément facile à manier, mais la voilà cette famille Hersant, aujourd'hui, libérée de ses banques et d'une dette estimée à 215 millions d'euros. C'est d'abord ça, le tour de force réalisé par les 2 alliés: en menaçant de déclarer le dépôt de bilan de l'entreprise si son offre de reprise, avec Tapie comme partenaire, devait être rejetée, la famille Hersant a réussi à tordre le bras des banques à qui elle devait beaucoup d'argent. BNP Paribas, qui était à la manoeuvre, a tout fait pour éviter l'opération (avec le soutien de l'Elysée, dit-on) mais constatant qu'aucune offre alternative ne ne réussissait à s'imposer, les banques ont finalement accepté d'effacer 160 millions d'euros de dette. Sur 215! Résultat: on peut dire que Bernard Tapie, en mettant 25 millions sur la table, a mis la main sur une entreprise qui en vaut, peut-être 4 fois plus! Sans dette, le Groupe Hersant Médias se révèle être une pépite et c'est d'ailleurs ce qu'a dit Bernard Tapie aux directions des journaux qu'il est allé visiter, dès hier: "vous appartenez désormais, leur a-t-il dit, à un groupe de presse désendetté, et c'est une rareté en France!". Concrêtement, les titres de l'outre-Mer sont facilement vendables: il existe des candidats à la reprise. Ensuite, les titres du sud-est sont rentables. Corse matin jouit d'un monopole sur l'île. Nice-Matin est à l'équilibre. La Provence, à Marseille, dégage des bénéfices. Et certains notent, encore, que ces journaux ont aussi l'avantage de posséder un joli patrimoine immobilier.

Taxer à l'étranger. Et si on taxait les Français qui partent vivre à l'étranger? C'est Jérôme Cahuzac qui la pose, à nouveau, cette question. Interrogé au Sénat hier, en pleine polémique sur l'installation, en Belgique, de Gérard Depardieu, le ministre du budget a relancé cette idée de taxer les exilés fiscaux. Il ne donne pas plus de détails mais le ministre ne voit qu'un seul moyen pour y arriver: renégocier les conventions fiscales signées avec certains pays. On pense, evidemment, à celles passées avec la Belgique et la Suisse.Zéro. Le "surplace" de l'économie française va se poursuivre, au moins jusqu'à l'été prochain: prévision de l'INSEE, ce matin. On finit cette année, sur un léger recul, -0,2%. Ensuite, l'Institut prévoit +0,1 pour les 2 premiers trimestres de 2013. Autrement dit, on ne sort toujours pas de la "croissance zéro". Le chômage, dans ces conditions, va continuer à augmenter.

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