Au début du phénomène, on a pu croire à un classique mouvement spéculatif autour des résultats financiers du groupe. Ca a commencé quelques jours avant leur publication. Le titre EuroDisney, à la bourse de Paris, s'est mis à grimper. D'abord légèrement. Puis le 8 février -jour des résultats-, le titre s'est envolé: +17%. Le 15 février: +17% à nouveau. Le lendemain (le 16), +24%! En une quinzaine de jours finalement, l'action EuroDisney a exactement doublé: elle valait 4 euros 40, au début du mois. Elle vaut 8 euros 80 aujourd'hui (en tout cas, à la clôture, vendredi). De mémoire de spécialiste (de la bourse) pareille progression, c'est du jamais vu! Jeudi dernier, ce sont plus de 5 millions de titres EuroDisney qui ont changé de main... en une seule séance. C'est à dire 13% du capital. C'est énorme. Et anormal. L'AMF, le gendarme français de la bourse, a placé le titre sous surveillance: c'est le cas, à chaque fois, que des mouvements deviennnent inhabituels, autour d'une société côtée. Mais désormais, c'est toute la "place de Paris" qui observe le phénomène, et s'étonne: personne ne peut avancer une explication crédible à cette envolée du cours Euro Disney. Les résultats financiers? Ils sont bons, certes (les visiteurs à Disneyland Paris sont plus nombreux. Ils dépensent plus. Les hôtels "tournent bien"), mais ils ne sont pas si extraordinaires que ça. Et le titre EuroDisney est toujours considéré comme cher, et peu rentable par la plupart des investisseurs. La rumeur de l'entrée (ou l'attaque) d'une société chinoise a pu, également, alimenter la spéculation autour du titre mais elle a fait long feu. Autre rumeur qui circule, et qui pourrait être une début d'explication: le retrait du titre de la bourse. C'est une hypothèse que Disney, la maison-mère, aurait, un temps, étudiée, mais elle ne serait plus à l'ordre du jour. Le mystère reste entier. Et le titre EuroDisney continue, donc, de grimper avec, évidemment, à l'esprit, l'idée qu'on est peut-être simplement dans une montagne russe (ou dans Space Mountain): avec le pire qui reste à venir: une dégringolade. Rapide et secouante. Avec beaucoup de sueurs froides pour ceux qui sont montés dedans. En tout cas, de gros investisseurs multiplient les aller-retour sur le titre. Achètent le matin et vendent le soir. Empochent la plus-value. Et ce manège le fait bien rire. La dernière bêtise à faire". C'est une déclaration, hier, de Jean-Claude Trichet, le président de la Banque Centrale Européenne. Elle va faire réagir tant elle a le mérite de la clareté. "Augmenter les salaires, aujourd'hui (en Europe) serait "la dernière bêtise à faire" selon lui. Alors il faut traduire: en bon banquier central, il craint ce qu'on appelle les "effets de second tour" de la flambée des prix des matières premières, c'est-à-dire sa répercussion sur les salaires, ce qui accélèrerait encore un peu plus l'inflation. Et ruinerait, selon Jean-Claude Trichet, les chances de réduction du chômage. Quelle taxe? Christine Lagarde doute d'un Accord, au G20, sur l'instauration d'une taxe sur les transactions financières. C'est pourtant l'un des objectifs de la présidence française. La ministre de l'économie estime que l'hostilité des Américains, face au projet, est trop forte.

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