Les grands patrons des grandes banques françaises ont, finalement, renoncé, hier, à leurs fameux bonus, la part variable de leur rémunération. Le moins que l'on puisse dire, c'est que certains s'y seront accrochés jusqu'au bout. Il faut dire que pour 2007 par exemple, Georges Pauget (puisqu'il s'agit de lui, notamment), le directeur général du Crédit Agricole, a touché un peu plus de 600 mille euros, en plus de son salaire annuel de 900 mille ! Renoncer à ces bonus, c'était l'une des conditions fixées par le gouvernement, pour débloquer une nouvelle aide publique (plus de 10 milliards au total). On peut s'amuser de voir que des banquiers, à leur tour, doivent plier devant les exigences de leur prêteur (il y a des patrons des PME qui doivent savourer) mais quelque part, ce n'est pas forcément rassurant. Ce renoncement montre que les banques françaises - tout en affirmant que ça va "moins mal" pour elles que pour leurs consoeurs étrangères - ce renoncement au bonus montre qu'elles ont terriblement besoin de ces milliards accordés par l'Etat, pour surmonter à la crise ! L'autre remarque qui vient à l'esprit, avec cette affaire, renvoie aux conditions de fixation de ces bonus : ils sont censés récompenser le dirigeant qui a rempli ses objectifs. Avec l'année 2008 que viennent de connaître les banques, on se demande bien comment leurs patrons pouvaient encaisser une prime de résultat ! Leur système de rémunération apparaît, tout à coup, moins vertueux qu'on veut bien nous le dire. Si supprimer les bonus, cette année, répond à l'émotion de l'opinion publique ; si c'est, sans doute, politiquement rentable, on voit bien que la question de fond n'est toujours pas traitée : la connection encore trop directe de la rémunération des patrons au cours de bourse, via les stock-options ; et encore, la question des "bonus" accordés, cette fois-ci, aux traders dans les salles de marchés, rémunérés, eux, sur la base des résultats immédiats qu'ils obtiennent, sans prise en compte des risques qu'ils font courrir à tous les autres. "Pas d'effet Obama" à Wall Street, hier. Le Dow Jones a perdu 4%, le Nasdaq presque 6% ! Et c'est classique, les autres places boursières ont suivi : -2,15% à Paris. -2%, également à Tokyo, ce matin. A Wall Street et ailleurs, ce sont les valeurs bancaires et financières qui ont fortement reculé. Citigroup et Bank of America valent, désormais, moins que les 45 milliards de dollars d'aide que l'Etat leur a accordés tout récemment ! L'Automobile. Le gouvernement français a promis, hier, entre 5 et 6 milliards d'euros d'aide aux constructeurs français, pour surmonter la crise. Pour Renault, Carlos Goshn a accepté l'une des conditions posées : "pas de fermeture d'usine en France" a-t-il confirmé. Christian Streiff, le patron de PSA, n'a rien promis, lui, de ce côté-là.

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