Ce n'est pas une obsession (je me chauffe au tout-électrique, je dois le préciser, une bonne fois pour toute: je ne suis pas en conflit d'intérêts!), mais il me faut reparler, ce matin, des tarifs du gaz! On les évoquait, ici même, mardi mais l'affaire vient de se compliquer. Et c'est la facture pour les Français qui risque, une fois de plus, d'être alourdie. En tout cas, voilà pour le gouvernement, un magnifique "cadeau empoisonné" laissé par son prédécesseur. Qui -et, c'est une circonstance aggravante- savait parfaitement que l'affaire se terminerait comme ça. Ce qui est en jeu, désormais, c'est ceci: les usagers qui se chauffent ont gaz, vont-ils recevoir, prochainement, une facture (rétroactive), leur réclamant un arrièré... grosso modo de 10% sur les factures de cet hiver? Il faut remonter à octobre dernier pour tout comprendre. C'est le moment où le gouvernement Fillon a décidé de geler les tarifs du gaz, au nom de la défense du pouvoir d'achat. Cette décision n'était manifestement pas conforme au Droit, parce qu'elle contredisait la formule officielle de fixation des tarifs, qui prévoyait, alors, une augmentation comprise entre 8 et 10%. GDF Suez, forcément, s'en est ému. S'est énervé même. Et décidait de saisir la justice. La situation devenait alors totalement inédite: une entreprise, détenue à 35% par l'Etat, portait plainte contre ce même Etat, jouant contre ses intérêts! L'issue judiciaire ne faisait guère de doute et, hier, sans surprise, le rapporteur public du Conseil d'Etat a estimé que ce gel des tarifs devait être, purement et simplement, annulé. Il préconise, surtout, une hausse rétroactive des tarifs du gaz, et donc, l'envoi à tous les usagers, d'une facture rectificative. Le Conseil d'Etat a 3 semaines / 1 mois pour donner sa décision, mais il est extrêmement rare qu'il ne suive pas les recommandations de son rapporteur. Voilà la "bombinette à retardement" prête à exploser, alors que déjà, la question d'une nouvelle hausse, au 1er juillet (toujours en conformité avec la formule officielle de fixation des tarifs) était à l'étude et posait problème. Pour le gouvernement, une opération "déminage" s'impose: existe-t-il un compromis possible avec GDF Suez? Les dissussions ont peut-être commencé... à Rio, au Sommet de la Terre, où Nicole Bricq, la ministre de l'Ecologie, chargée aussi de l'énergie, a pû croiser Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez.

Bye-bye. Jean-Marc Ayrault enterre les "euro-obligations". C'est l'un des points de crispation avec l'Allemagne. Les euro-obligations (ou euro-bonds), c'est une façon de "mutualiser" les dettes européennes. Berlin n'en veut pas. Paris les défend... ou plutôt les défendait. Dans une interview accordée à un journal allemand, Jean-Marc Ayrault reconnaît qu'il faudra "des années" avant de les mettre en place. "Il faut en parler comme une perspective" dit le Premier ministre. Jean-Marc Ayrault, en revanche, renouvelle le souhait de Paris de créer une "union bancaire" et d'instaurer un dispositif de financement direct des pays de zone-euro en difficulté.Coucou. Les projets fiscaux et budgétaires du gouvernement, dévoilés par la presse, ce matin. Selon le Figaro, c'est le non-renouvellement d'un fonctionnaire sur 3, partant à la retraite qui va être imposé aux ministères non-prioritaires, c'est-à-dire hors justice, police et éducation. Dans les Echos, on apprend que Bercy souhaite, également, supprimer les derniers remboursements prévus, cette année, et l'année prochaine, au titre du bouclier fiscal.

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