Il faut bien revenir sur cette initiative, hier, de Nicolas Sarkozy, sa proposition d'inscrire dans la Constitution, l'obligation de réduction des déficits publics. Je dois m'arrêter, d'ailleurs, immédiatement parce que ce que je viens de dire est faux: le Président de la République ne propose pas ça! Il ne propose pas ce qu'on appelle "la règle d'or à l'allemande". En 2009, les Allemands ont inscrit, dans leur Loi fondamentale, l'obligation d'une limitation du déficit structurel de l'Etat fédéral allemand, à 0,36% dès 2016. Le Chef de l'Etat français, lui, ne se risque pas à aller si loin. Parce qu'il sait qu'il n'y pas consensus autour d'une telle révision. Il sait qu'il n'obtiendra jamais les voix suffisantes, au Congrès, pour faire adopter une telle disposition. Ce qu'il suggère, donc, est quelque chose de beaucoup plus souple, de beaucoup moins contraignant. Et finalement, quelque chose qui pourrait n'être que purement symbolique. L'idée est de renforcer le poids d'une procèdure qui existe déjà: la loi de programmation des finances publiques. Elle est d'une durée de 3 ans. Le Président propose de passer à 5 ans, et de la rendre obligatoire au début de chaque législature. Elle aurait une valeur (normative) supérieure, à tous les budgets qui seraient voter ensuite: c'est assez logique. Pour le reste, les futurs gouvernements soumis, à cette nouvelle règle, n'auront pas, forcément, à promettre une réduction drastique des déficits, l'Elysée, hier, parle simplement d'un engagement sur une "trajectoire". Certes, on n'imagine mal un Premier ministre venant expliquer qu'il va creuser les déficits (et qu'il va dépenser à-tout-va, dans le contexte actuel), mais formellement (si on en reste à la formulation retenue, hier) c'est possible! Rien ne l'obligera. Preuvre supplémentaire: si la date d'un retour à l'équilibre devra également figurer dans ce texte, elle pourra être fixée à un horizon situé au delà de fin de la Législature. C'est-à-dire un peu comme aujourd'hui, où tous les gouvernements, les uns après les autres, ont repoussé la date fatidique du déficit zéro! Bref, le mécanisme proposé par Nicolas Sarkozy, hier, ressemble bien plus à un signal envoyé aux marchés et à Angela Merkel qui incite, plus ou moins gentillement, ses partenaires européennes à faire comme elle, plus qu'à une mesure stricte et contraignante pour les générations futures de gouvernants. Gravant dans le marbre, la rigueur. Le Sénat américain approuve -enfin!- la réforme de Wall Street. Les débats duraient depuis des jours et des jours, cette fois, c'est fait: les sénateurs américains ont adopté, cette nuit, un vaste projet de réforme de la régulation financière, aux Etats-Unis. Il créé une agence de protection du consommateur. Il propose de mieux encadrer le marché des produits dérivés et l'activité des fonds spécultatifs. Il pose, également, comme principe l'impossibilité de sauver une banque avec l'argent des contribuables. Les grandes banques américaines devront rédiger un "testament": un plan de démentèlement ordonné, qui sera mis en oeuvre en cas de difficulté! Toujours en baisse. Les places boursières, encore toutes déprimés, hier: Paris, Londres, Francfort, Wall Street. Tokyo, ce matin. C'est toujours la situation de la zone euro qui inquiète. Hier soir -pour tenter de calmer les esprits et mettre fin à la cacophonie européenne- Paris et Berlin ont promis de travailler ensemble. Moins rentable qu'annoncé! La Cour des comptes plutôt critique sur le plan de soutien aux banques françaises. Certes, il a permis d'éviter le pire, mais il ne rapportera pas autant d'argent que l'affirme le gouvernement. Il y a, en effet (selon la Cour) des coûts indirects qui ne sont pas pris en compte: et ils sont suceptibles "d'annuler complètement le bénéfice de l'opération".

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