L'affaire jusqu'ici n'a pas été extrêmement médiatisée. "On en des tonnes sur Jérôme Kerviel, mais rien sur l'avenir du dernier sidérurgiste français: c'est regrettable", lâche l'un des acteurs du dossier. Cela dit, le dénouement approchant, les esprits s'échauffent un peu, les politiques s'en mèlent, comme les agences de communication, et le sort d'Ascométal (puisqu'il s'agit d'elle) et celui de ses 1 900 salariés commencent à intéresser. C'est demain, jeudi, que le Tribunal de Commerce de Nanterre doit dire qui pourra reprendre l'entreprise en faillite. 4 offres ont été déposées, mais 2 se distinguent. Celle qui a la faveur de l'administrateur, et du mandataire judiciaire et qui semble être, à ce stade le favori, c'est celle de Gerdau, un géant brésilien de l'acier. Un groupe centenaire, parti d'une simple usine à clous, et qui étend, aujourd'hui, son influence. Le Brésilien le promet: il vient en France pour s'installer, avec l'idée de devenir un leader européen des aciers spéciaux. Ascométal, pour le coup, est une cible parfaite: fabricant de pièces essentielles pour les TGV, pour l'automobile, pour l'industrie pétrolière. Ascométal, ex-filiale d'Usinor, a souffert de la crise, souffert de rachats à répétition, mais conserve d'excellentes perspectives. Une bonne affaire pour Gerdau, mais pas forcément pour les salariés d'Ascométal. Le Brésilien ne propose de reprendre que mille 600 salariés (sur mille 900). 2 sites du groupe, à Fos-sur-Mer et au Cheylas (en Isère) seraient condamnés. Du coup, une autre offre tente de percer... sur un mieux disant social, financier et industriel... "une putain d'offre... française" comme aime le répéter Franck Supplisson, qui porte le projet. Pour cet ancien du cabinet d'Eric Besson, au ministère de l'Industrie, et qui a vécu, rappelle-t-il, "toute l'histoire de Mittal rachetant Arcelor, avec les conséquences que l'on sait", "il ne faut pas revivre le même cauchemar". Franck Supplisson joue, sans se cacher, la carte du petit "frenchie" face au géant d'un pays émergent, qui vient faire ses courses chez nous. Son offre, pour le coup, semble magique: 97% des salariés conservés, aucun site fermé, un engagement financier sur 7 ans, avec apport en capital! La CFDT et la CGT d'Ascométal soutiennent. Comme le gouvernement, qui débloque un prêt public de 35 millions. "Notre but, jusqu'à demain, et la décision du tribunal, c'est de faire passer l'idée qu'il n'y pas de fatalité n France, qu'on est pas condamnés à voir nos usines fermées, ou vendues". François Fillon, hier, a écrit à Manuel Valls pour défendre l'offre française, au nom, précisément, du patriotisme économique.

Même pas mal. L'amende américaine du Crédit Suisse ne l'inquiète pas pluss que ça. Dès hier (après l'annonce d'une amende de plus de 2 milliards et demi de dollars pour avoir organisé l'évasion fiscale massive de contribuables américains), le patron de la banque suisse, Brady Dougan, l'a dit: "nous nous attendons à très peu d'impact sur nos affaires". Les agences de notations pensent la même chose: elles maintennent la note de Crédit Suisse. Moody's relève, toutefois, un risque pour la banque de perdre quelques clients. Le titre Crédit Suisse a progressé de presque 1%, hier, à la bourse.Pas encore mal. Concernant BNP Paribas, en pleine négociation (elle) avec la justice américaine concernant un litige portant sur des opérations menées dans des pays frappés d'embargo par les Etats-Unis, le New York Times évoque, désormais, une amende qui pourrait atteindre 5 milliards de dollars. Pour les analystes, là encore -et même à ce niveau-là- la peine resterait "surmontable"' pour la banque française.

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