Ceux qui cherchent des explications dans le vote d'hier aux Cantonales (ou au "non-vote", l'abstention record...) peuvent trouver une des explications, en ce moment, au coeur même des entreprises. Il suffit de tendre l'oreille, ou d'ouvrir les yeux: la question des salaires, les conflits même pour les salaires, se multiplient aujourd'hui, en France. Avec, à chaque fois, cette interrogation: où est passé le "gagner plus"? La "grogne", c'est classique en cette période: pour bon nombre d'entreprises, nous sommes, aujourd'hui, en pleine NAO, les Négociations Annuelles Obligatoires. Et c'est là que ce décide les augmentations pour l'année. C'est donc aussi "traditionnellement" le moment de se faire entrendre, pour faire "plier" les patrons. Mais, cette année, -les "experts du social" le disent- l'ambiance est bien plus tendue que d'habitude: on est en "sortie de crise" (comme disent les économistes et le gouvernement), les profits du CAC40 retrouvent leur niveau d'avant, du coup, après 2 ans de rigueur déjà difficile à supporter (l'impression très désagréable de "payer pour les banques"), les salariés réclament des augmentations significatives. Et quand elles ne viennent pas: ils passent à l'action. C'était le cas, ce samedi par exemple, dans les magasins "But": un appel au débrayage, lancé par l'intersyndicale. Dans les magasins de surgelés Picard, ça grogne également: "ici, on gèle aussi les salaires" affirme un tract CGT. Il y a quelques semaines des slogans, jouant eux plutôt sur la rime, étaient lancés chez l'Oréal: "Agon, du pognon!". La liste n'est évidemment pas exhaustive, mais des grèves, des manifestations ont été encore constatées, ces dernières semaines, chez Alcatel-Lucent, Faurecia, Mondadori, Prisma, la DCNS (les chanties navals), la Lyonnaise des Eaux, Intermarché. Chez Thales Communications, un millier de salariés manifestaient, jeudi dernier, sous les fenêtres de leur patron. A chaque fois, la même revendication: des augmentations de salaires! Un cabinet de conseil en ressources humaines, Aon Hewitt, confirme, en tout cas, qu'il ne s'agit pas d'une "vue de l'esprit" des salariés: oui, les entreprises, aujourd'hui, souhaitent, tentent de poursuivre la modération salariale engagée depuis la crise. Les augmentations de salaires (individuelles et collectives: tout compris) devraient "tourner" autour de 2,6% cette année. C'est un niveau faible, puisque ces 30 dernières années, les hausses annuelles se situaient autour de 3,5% en moyenne. Sauf en 2009 et 2010, où on était en dessous de 3. Si l'inflation reste contenue, clairement, c'est la hausse des carburants -premier indicateur de perception de la hausse des prix- avive, aujourd'hui, les attentes sur les salaires. Google sanctionné en France, pour atteinte à la vie privée. C'est une information du Parisien, ce matin. La CNIL, la Commission "Informatique et Liberté" vient d'infliger une amende de 100 mille euros à la société américaine. Elle lui reproche d'avoir collecter, à l'insu des utilisateurs de son logiciel "Google Latitude" (qui permet de géolocaliser ses amis), des données censées rester personnelles: mails, codes bancaires ou historique des consultations de site internet. Pour la CNIL, il s'agit d'une intrusion "très grave" dans la vie privée. Google a reconnu les faits. Parle "d'erreur". Et promet de détruire toutes les données indûment récoltées. Selon la CNIL, cela fait 3 ans que ça dure, et de très nombreux autres pays se seraient saisis de l'affaire. Ce sont les voitures Google, qui sillonent le monde pour le photographier, qui auraient recueilli ainsi ces données personnelles, via le piratage de bornes wifi.

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