A Bercy, hier, une collaboratrice de Jérôme Cahuzac regarde la voiture de l'ex-ministre sortir de la Cour, et quitter le ministère de l'Economie. La passation de pouvoir s'est achevé, quelques minutes plus tôt. Bernard Cazeneuve s'installe, et la chargée de communication de Jérôme Cahuzac se livre un peu. "Ca va aller... ça aller" répète-elle plusieurs fois. "Pour le moment, en fait, c'est la liberté qui prime sur le sentiment d'injustice". L'injustice de devoir partir de ce ministère, après tout le travail effectué. L'injustice des accusations, pense-t-elle également. "Ca reviendra forcément très vite" dit-elle, mais, pour l'heure, oui, c'est le sentiment de liberté qui domine. "Adieu les 5 milliards d'économies à trouver, adieu les prévisions d'inflation, dit-elle dans un sourire (et pour se consoler)... avant de lâcher: "adieu le feuilleton de la taxe à 75%!". Elle parlait, évidemment, en connaissance de cause: cette taxe, emblématique, de la campagne de François Hollande à la Présidentielle revient, ce matin, à la une et pour ce qui ressemble fort à son enterrement! Selon le Figaro, le Conseil d'Etat pourrait, en effet, aujourd'hui préconiser son abondon. en tout cas à ce taux-là. Les Conseillers d'Etat se prononceront, aujourd'hui, en assemblée générale, mais la "section des finances" de l'institution (si on en croit le journal) est catégorique: aller au-delà de 66,66% serait jugé confiscatoire par le Conseil constitutionnel. Le gouvernement, sauf à prendre le risque d'une nouvelle censure, ne pourra donc pas aller au-delà. Fini le symbole des 75%! En fait, depuis la décision du Conseil Constitutionel, en décembre dernier, la fin de la taxe était devenue inéluctable. On le sait: les sages du Conseil ont été "retors". Ils ne se sont jamais exprimés directement, dans leur avis de l'époque, sur la taxe (ils l'ont retoqué parce qu'elle était "individualisée". Pas parce qu'elle était confiscatoire) mais, à 2 reprises, ailleurs dans la même décision, les Sages du Conseil constitutionnel ont subtilement mais clairement, fixé de nouvelles limites à l'impôt (sur l'assiette à prendre en compte, sur le taux maximal), des limites qui ont, finalement, fait comprendre au gouvernement que sa taxe à 75% était, en fait, mort-née. Dès lors, toutes les solutions alternatives (comme une taxe sur les entreprises) perdaient l'affichage "politique" voulu. Bruno Le Roux, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, préparant les exprits dernièrement: "il ne faut pas faire de fétichisme sur ce taux à 75%. L'important c'est la taxe, pas le taux". Cameron baisse les impôts. Le gouvernement britannique dévoilait, hier, son projet de budget 2013/2014. Budget d'austérité toujours, avec des coupes dans les dépenses, des hausses de salaires limitée pour les fonctionnaires britanniques, mais le gouvernement Cameron a aussi décidé, hier, d'accélérer la baisse prévue de l'impôt sur les sociétés, de l'autre côté de la Manche. Son taux va être réduit à 20% seulement. Contre 33, en France. Il supprime, également, une partie des charges sociales des entreprises, réduit les impôts des particuliers. Il abandonne l'augmentation prévue des taxes sur l'essence... et sur la bière. Tout l'inverse de ce que fait le gouvernement français mais pour un résultat similaire: le gouvernement britannique doit diviser par 2 sa prévision de croissance. Le luxe se porte toujours aussi. Hermés vient de publier ses résultats 2012. Le bénéfice progresse de plus de 24%, à 740 millions d'euos. avec une "marge record", se vante encore Hermès, à 32%!

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