Pourquoi, il y a 10 mois, la dégradation de la France par Standard & Poor's a-t-elle été un "choc" alors que celle de Moody's passe sans douleur? On a posé la question, hier, à un banquier. On était dans l'un des salons-salle à manger de son établissement. On a promis que l'entretien resterait "off" (pas de citation, en échange d'une parole censée être plus libre), alors je ne vous dirai de qui il s'agit. Je peux, en revanche, vous donner le menu: tarare d'espadon, gigot d'agneau et crème caramel. Pourquoi la décision de Moody's fait-elle moins de bruit que celle de Standard &Poor's? "Eh bien, c'est l'habitude" répond dans un sourire notre banquier. Qui reprend, immédiatement, son sérieux: "mais ce n'est pas parce ce qu'on est habitué qu'il faut souhaiter que ça se poursuivre. Les marchés avaient anticipé cette décision de Moody's, c'est ce qui explique que rien ne bouge. Mais l'important, maintenant, c'est de mener les réformes promises pour que la France reste crédible et pour les investisseurs conservent leur appétit pour la dette française". L'explication, qu'on pourrait aussi considérer comme une sorte de menace, d'ultimatum ("attention Moody's peut encore nous dégrader!") n'est pas très originale. Notre hôte poursuit. Il parle alors des ministres socialistes et de leurs conseillers: "je leur ai dit ceci à leur arrivée au pouvoir: les marchés ne vont pas vous attaquer, tout de suite. Pas parce que vous êtes bons, ou que votre programme plaît, mais parce que, pour le moment, les marchés concentrent leurs tirs sur l'Espagne!". Le problème viendra, donc, quand le cas de l'Espagne sera réglé. Voilà le scénario à venir, tel que le décrit ce banquier: Madrid, dans les semaines qui viennent, finira -c'est certain!- par demander l'aide des Européens et de la Banque Centrale Européenne. Son cas va être traité. La BCE va agir comme elle l'a promis, rassurant tout le monde. Mais à partir de là, les regards se tourneront, mécaniquement, vers l'Italie et la France. Les investisseurs commenceront, alors, à se poser cette question: l'écart de taux entre les 2 pays (à gros traits: 5% pour l'Italie, 2% pour la France), cet écart est-il vraiment justifié? C'est à ce moment-là que les ennuis pour la France pourraient commencer.

Record. Collecte "record" pour le Livret A et le LDD, le Livret de Développement Durable. Les Français y ont déposé, le mois dernier, un peu plus de 21 milliards d'euros: c'est du jamais vu. A titre de comparaison, en octobre de l'année dernière, la collecte mensuelle n'avait pas dépassé les 400... millions. Là, on est, donc, à 21 milliards: c'est la conséquence de la décision du gouvernement de relever les plafonds de ces 2 produits d'épargne.Grèce. Des milliards encore, mais cette fois-ci pour la Grèce. Ils se font attendre: les ministres européens de la zone euro ne sont pas parvenus à un Accord, cette nuit. Une nouvelle réunion se tiendra, lundi prochain.Train-train. La SNCF prépare un plan d'économies, a révélé, hier, son président Guillaume Pépy. 200 à 300 millions d'euros à trouver, sur 3 ans, mais "sans affecter l'emploi", promet-il. La SNCF va faire des économies, dans ses achats, sa consommation d'énergie, et son train... de vie.

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