C'est l'exploit que vient de réaliser, le n°2 de la Caisse d'Epargne, Nicolas Mérindol. Dimanche soir, il a démissionné de son poste de Directeur général... en endossant (en partie) la responsabilité de la perte de 600 millions d'euros dans le désormais fameux "incident de trading" dont a été victime l'Ecureuil. "C'est nouveau en France : les responsables payent" ; c'est sur ce mode que beaucoup ont commenté la nouvelle. Et c'est vrai pour Charles Milhaud -le président- qui quitte effectivement ses fonctions. C'est faux, en revanche, pour Nicolas Mérindol. Lui, reste. Et c'est même une place de choix qui lui est promise : la direction du Crédit Foncier, une filiale des Caisses d'Epargne, qu'il connaît bien, puisqu'il en est le président non exécutif. Quelques dents grincent au sein du Crédit Foncier : c'est une sorte de parachute doré "en interne" affirment les syndicats. Il n'ont pas tort. On peut trouver une explication à cette "vrai-fausse" démission, en relisant les récentes préconisations du Médef en matière de rémunération des patrons : Nicolas Mérindol était à la fois salarié des Caisses d'Epargne et mandataire social de l'entreprise (en tant que membre du Conseil de surveillance): il a donc pu jouer sur ces 2 tableaux, comme Noël Forgeard, en son temps. Dimanche soir, Nicolas Mérindol a rendu son mandat social, mais il a conservé son contrat de travail... très protecteur. Casser, en plus, son contrat de travail aurait obligé les Caisses d'Epargne à, forcément, lui accorder de fortes indemnités de départ : ce qui était impossible "politiquement" à assumer. On lui a donc trouvé ce joli "parachute d'intérieur". L'Etat vole au secours des banques françaises. Oui mais, surtout, "ne le dites pas comme ça !": "les banques françaises n'ont pas besoin d'aide" a redit, hier, le gouverneur de la Banque de France annonçant, pourtant, le déblocage de 10 milliards et demi d'euros pour les 6 grandes banques du pays. C'est l'Etat qui signera le chèque, via une société 100% publique. Le Crédit agricole recevra la plus grosse somme (3 milliards), un peu moins pour BNP Paribas. 1,7 milliard pour la Société Générale. Les mutualites, Crédit Mutuel, Caisses d'Epargne et Banques Populaires, toucheront, chacune également, autour d'un milliard d'euros. Mais contrairement au souvetage d'autres banques dans d'autres pays (on pense à la Grande-Bretagne), l'Etat français n'entre pas au capital de ces établissements bancaires (l'aide prendra la forme d'émission de tites de dette). En revanche, les banques françaises devront payer une commission et elles s'engagent à augmenter le nombre de prêts qu'elles accorderont, aux entreprises et aux particuliers. Jusqu'à 80 milliards d'euros. Le Budget 2009, en discussion à l'Assemblée. Le gouvernement reconnaît que sa prévision de croissance à 1% est intenable. La France laissera filer, du coup, ses déficits. Une promesse : pas d'augmentation d'impôt.

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