Il n'a pas fallu plus d'un quart d'heure, hier, après la publication des dernières statistiques de l'INSEE pour que les conseillers en communication d'Hervé Novelli appelent (ou envoient des sms) aux rédactions pour proposer, suggérer une interview du Secrétaire d'Etat chargé du Commerce et des PME. Il est tout prêt, nous a-t-on expliqué, à commenter cette excellente nouvelle: les créations d'entreprises se sont envolées, le mois dernier en France: 56 548 créations. Du jamais vu! Par rapport à la même période, l'année dernière: c'est un bond de 65%. Si Hervé Novelli piaffait, hier, d'impatience pour commenter ces chiffres, c'est qu'ils sont largement dû au dispositif qu'il a défendu, qu'il a mis en place: le régime de l'autoentrepreneur. Il permet de développer une activité principale (commerciale, par exemple mais pas seulement) ou d'officialiser une activité extraprofessionelle. Les démarches administratives sont simplifiées. Le régime fiscal, lui, est allégé. Depuis son instauration, le dispositif cartonne. Et fait nouveau en septembre, les créations d'enteprises sous un régime "classique" ont, elles aussi, progressé. Hervé Novelli en tire une double satisfaction. Il l'a expliqué aux journalistes qui ont fini par répondre à ses sollicitations: ça prouve que l'autoentrepreneur ne "canibalise" pas les autres régimes. Ca montre également, selon lui, qu'il existe un effet d'entaînement: le "goût d'entreprendre" aurait gagné les français. Mais c'est évidemment plus compliqué que ça: une récente enquête montre, notamment, que les chômeurs sont nombreux à se lancer faute de mieux: en l'absence de perspective d'un emploi salarié, ils se lancent à leur compte... sans réelle garantie de réussir. A ce stade, un autoentrepreneur sur 2 seulement a déclaré un revenu. Et selon les premières statistiques disponibles, leur chiffre d'affaire mensuel est de 1400 euros (c'est quand même très peu). Combien, finalement, vont s'en sortir? Evidemment impossible à dire, mais de là découlera le vrai bilan de ce nouveau statut d'autoentrepreneur. Hier: un autre chiffre a été publié: celui des défaillances d'entreprises. Plus de 6 500 en septembre (beaucoup de petites entreprises...). Là aussi c'est un record mais personne n'a appelé pour le commenter. L'emploi des cadres: ça ne s'améliore pas! C'est ce qui ressort de la Note de conjoncture de l'APEC ce matin. Au 3ème trimestre de cette année, les embauches dans les entreprises, a atteint un niveau historiquement bas. Jamais enregistré depuis 2002, en tout cas. Moins d'une entreprise sur 2 a procédé à un recrutement d'un cadre, ces 3 derniers mois. Et les perspectives immédiates ne sont franchement pas bonnes, notamment pour les tout jeunes diplomés. L'examen du projet de Budget 2010, à l'Assemblée. Il a débuté hier. Christine Lagarde et Eric Woerth ont défendu un budget "de sortie de crise", et ont écarté, d'entrée, "toute mesure qui reviendrait à augmenter les impôts". Autrement dit: "on ne touchera pas au bouclier fiscal". En Commission, les députés ont validé, hier, plusieurs amendements. L'un d'eux réduit le gain fiscal qu'attendaient les PME de la réforme de la Taxe professionnelle. 1 milliard quand même de perdu: le Médef est fou de rage. Un autre amendement s'attaque à la niche fiscal des sportifs de haut niveau. Il propose de soumettre le "Droit à l'image" payé notamment aux footballeur aux charges sociales, comme un revenu du travail "normal".

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