Patrick, vous êtes "formidable". L'édito de Thomas, à l'instant, était absolement "génial". A France Inter, tout est "fabuleux, fantastique". Je ne viens de perdre la boule, je viens de faire à l'instant, ce que beaucoup de patrons (américains souvent, mais pas seulement) font quand ils s'adressent aux analystes de marché, ces spécialistes qui sont chargés, dans les banques notamment, de veiller à la santé financière des entreprises. En ce moment, ils ont beaucoup de travail parce que c'est la période des résultats trimestriels. Les unes après les autres, les entreprises dévoilent leurs comptes, publient leurs bilans comptables, des documents officiels qui engagent l'entreprise, mais qui ne sont pas toujours faciles à décrypter. Ils peuvent être flous, quand il faut masquer ce qui ne marche pas très bien. Ils peuvent, dans le pire des cas, être carrément truqués. Pour les analystes, il n'est donc pas toujours facile d'évaluer la situation d'une entreprise sur la base de ces documents. Ils leur reste, pour se faire définitivement une idée, les conférences téléphoniques. C'est autre rituel de la profession: les patrons, les directeurs financiers des entreprises, au téléphone donc, répondent en direct aux questions. Sauf que, là encore, l'exercice peut virer rapidemment au "festival de la langue de bois". "Tout va bien, tout va bien" répètent en boucle, les patrons. Pour surmonter cette difficulté, 2 chercheurs américains affirment avoir mis au point, une méthode imparable pour détecter les "patrons-menteurs". Ils ont analysé, disent-ils, près de 30 mille retranscriptions de ces fameuses conférences téléphoniques. Et ils ont repéré les tournures de phrases, le choix de certains mots, de certaines formules, qui cachent, souvent, un gros mensonge. Vous allez voir, ça peut marcher aussi dans la vie de tous les jours. L'usage, par exemple, du pronom "nous" plutôt que "je" quand une question devient gênante: "nous pensons que les ventes vont repartir à la hausse". Les menteurs essayent toujours de se distancier de ce qu'ils affirment", disent les 2 chercheurs. Ou alors, la tournure de pharse devient "tout monde sait que...", "c'est un fait acquis que...". Autre méthode: user des superlatifs: c'est "extraordinaire", "fantastique", "formidable". Surjouer l'enthousiasme. Ces Chercheurs donnent un exemple précis: la directrice financière de Lehman Brothers a multiplié les expressions dithyrambiques lors de la présentation des résultats 2008 de la banque (14 fois le mot "formidable", 8 fois "incoyablement", 24 fois "fort"). C'était à peine quelques mois avant la faillite de la banque. La crise a aussi rapporté de l'argent à l'Etat. Les interventions du gouvernement français, pendant la crise financière, vont lui rapporter, au total, presque 4 milliards d'euros. Sur la période 2008/2011. C'est ce qui ressort d'un rapport parlementaire, révélé par les Echos, ce matin. On le savait, parce le gouvernement l'a beaucoup dit pour se justifier, l'aide accordées aux banques, va rapporter à elle seule, 2 milliards et demi d'euros. L'aide aux constructeurs automobile, 400 millions, cette année. Le soutien français à la Grèce, profite également, à nos finances: plus de 300 millions de recettes supplémentaires, l'année prochaine, grâce aux intérêts réclamés aux Grecs. La réforme des retraites. Il y aura une nouvelle journée de mobilisation syndicale. Dès la semaine prochaine. Sans doute, mardi. L'Intersyndicale tranche, cet après-midi. Au Sénat -est-ce "l'amélioration" promise par Raymond Soubie, hier?- .. adoption, cette nuit, d'un amendement ouvrant la voie à une possible réforme en profondeur du système français des retraites (basculement vers un régime à points, par exemple). C'est une revendication de la CFDT. Les Sénateurs de Gauche dénoncent une "manoeuvre".

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