On a raison de comparer Dexia, au scandale du Crédit Lyonnais. Les 2 histoires, on le sait maintenant, commencent et finissent pareil. D'abord, la "folie mégalomaniaque" de leurs dirigeants qui investissent sans compter et surtout sans couvrir les risques pris. Puis, à la fin: la création d'une structure de défaisance, une "bad bank", et des contribuables appelés à la rescousse. Déjà 3 milliards de perdu, à ce stade, pour les Français, dans le cas de Dexia. Avec les révélations d'hier c'est une 3ème similitude entre les 2 scandales qui vient s'ajouter: le silence coupable des autorités.C'est le quotidien belge "Le Soir" qui a publié, le premier, un document accablant. Il date de l'été 2010, et émane de l'Autorité de contrôle prudentiel. En fait, le régulateur français des banques, rattaché directement à la Banque de France. Dans ce rapport (à l'été 2010, donc), l'Autorité préconise de mettre Dexia sous surveillance. Et menace de nommer un contrôleur spécial. C'est la filiale française de Dexia qui inquiète alors: le rapport souligne un risque de "manque de liquidités". Dexia Crédit Local, est-il écrit demeure "fragile et en tout état de cause incapable de faire face à une crise". Le scénario, qui a mené au démentèlement de Dexia, il y a quelques jours, était donc écrit, dans des documents officiels français, il y a déjà 1 an! Les autorités françaises connaissaient l'état désastreux de la banque franco-belge... mais n'ont rien fait. Le rapport a été enterré, la nouvelle direction de Dexia ayant convaincu (c'est ce qu'on explique maintenant) qu'elle allait redresser la barre: on avu le résultat. Mais Libération ce matin, qui a lu entièrement ce rapport, note que ce document officiel va beaucoup plus loin encore: le régulateur français pointe des manquements aux réglements des marchés (Dexia, avant 2008, a publié de fausses informations). Le rapport évoque aussi des délits pénalement répréhensibles. Mais qui n'ont pas été transmis à la justice. En France, les autorités ont un argument tout trouvé, mais qui va vite se retrouver un peu court: Dexia, c'était, c'est une banque belge, dont le siège social est à Bruxelles. Donc, sous la responsabilité des belges.

En baisse. Le gouvernement s'apprête réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2012. De nouvelles mesures d'économies sont, du coup, à l'étude. Bercy est à la recherche de 5 milliards d'euros d'économies supplémentaires. Information des Echos et du Figaro. 5 milliards, après les 11 milliards de cet été. C'est l'effort nécessaire pour maintenir la trajectoire du déficit. La prévision de croissance du gouvernement n'est plus tenable, en tout cas: elle devrait être abaissée dans les tous prochains jours. Les économistes tablent, désormais, sur une croissance, en France, limitée à 0,9%, l'année prochaine.En crise. Les Européens sont incapables de s'entendre sur le plan de sauvetage de la zone euro: c'est le rôle, les pouvoir, et les moyens du Fonds de secours, le FESF, qui divisent: les Allemands et les Français, mais aussi lesEspagnols et les Italiens. Conséquence: le Sommet de dimanche ne sera qu'une étape, avant un autre Sommet, probablement mercredi.

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