Dans un célèbre jeu télévisé, quand un candidat se retrouve en difficulté (quand il n'arrive pas à répondre à une question), il a le droit à plusieurs jokers. Et l'un d'eux consiste à faire appel au public. Dans la vraie vie économique, c'est un exactement pareil. Au jeu "Qui a besoin de millions ? ou même "Qui a besoin de milliards ?", il existe également, cette possibilté de l'appel au public. Les Etats, déjà en déficit et lourdement endettés, dépensent en ce moment à crédit pour financer leurs plans de relance. En France, certains commencent à proposer, du coup, de lancer un "grand emprunt" public pour financer tout ça. Un emprunt public, sur le mode de celui qu'Edouard Balladur imagina en 93 (c'était la précédente récession). Mais, apparemment, les entreprises, elles aussi, seraient tentées de faire appel au public, aux ménages français, pour financer leur dette ou leur développement. C'est le journal "Le Monde" qui le révéle : EDF serait en train, sérieusement, de réfléchir à cette idée de lever des fonds directement auprès des particuliers, en lançant un grand emprunt obligataire. De telles opérations ont disparu en France, depuis presque 20 ans. Elles redeviennent, pourtant théoriquement, intéressantes aujourd'hui, en pleine crise. D'abord, elles permettent d'éviter de passer par une augmentation de capital, délicate quand les actionnaires ont déjà beaucoup perdu. Elles permettent de contourner les banques, qui, parfois, rechignent à prêter à bon prix. Y compris aux grands groupes. Enfin, elles ont l'avantage de ne pas passer par les marchés financiers où l'opération peut s'apparenter, parfois, à de la roulette russe. EDF n'a pas de problème de financement aujourd'hui mais ses besoins d'argent frais sont énormes (développement du nucléaire en France, en Grande-Bretagne, déploiement aux Etats-Unis également). Passer par le public, c'est diversifier au maximum ses sources de financement. Sans courir trop de risque, puisque l'entreprise est connue de tous les Français et qu'il existe peu de chances qu'elle fasse défaut. Elles ne sont pas nombreuses les entreprises qui peuvent se permettre une telle opération. La collecte pour le Livret A reste plutôt bonne. 2,6 milliards d'euros ont été collectés, le mois dernier, par les banques qui toutes, désormais, commercialisent le Livret A. Cette somme inclut également les Livrets de Développement Durable (les anciens Codevi). 2,6 milliards, ça veut dire que, malgré la crise -ou peut-être, à l'inverse, en raison de la crise !- les Français continuent à épargner. Massivement. La collecte, cela dit, pourrait ralentir avec la nouvelle baisse du taux de rémunération, au 1er mai prochain. Une baisse du taux du Livret A qui devrait se poursuivre encore, dans les prochains mois. Combien coûte cette crise ? Plus de 4000 milliards de dollars ! L'estimation a été publiée, hier, par le Fonds Monétaire International. Le FMI, qui pense, surtout, que tous les cadavres n'ont pas été sortis du placard : beaucoup de pertes n'ont pas encore été passées dans les comptes des banques. L'embellie récente de leurs resultats financiers ne pourrait être qu'un feu de paille ! Des négociations sociales dans l'impasse. Après le saccage, hier, de la sous-préfecture de Compiègne par les salariés de Continental en colère, le gouvernement leur propose une médiation (avec leur direction). Cette méthode, à ce stade, échoue, chez Molex et Caterpillar. Toutes ces entreprises souhaitent licencier. Ou fermer leurs usines.

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