La démarche de cette dizaine de députés PS, leurs 3 scénarios alternatifs au plan d'économies de 50 milliards, est-ce que ça ne constitue pas, en fait, une critique très sèvère, profonde, fondamentale des choix opérés? Depuis quelques minutes, on discute, au téléphone avec un député socialiste soutenant l'initiative quand un long silence accueille la question. Elle saute aux yeux, pourtant. Les députés socialistes rebelles appuyent précicément là où ça fait mal. Là où le plan s'égare. Une critique radicale, donc. Et en 3 points. Premièrement, la rigueur a montré ses limites. On a fait un travail considérable, ces 2 dernières années (la résorption de 2,6 points de notre déficit structurel), mais le déficit public (le déficit réel) ne s'est réduit, lui, que la moitié. Dit plus simplement: une partie des efforts demandés est parti en fumée! 2ème critique: le plan de 50 milliards, annoncé la semaine dernière "tape" encore sur les mêmes. Ceux qui ont, déjà, beaucoup donné avec les hausses d'impôts des 2 dernières années. Grosso modo, ceux qui gagnent entre mille et 2 mille euros. 3ème critique, peut-être la plus féroce: ce plan n'engage pas de vraies réformes structurelles. Les gels décidés des prestations logement, retraites, famille, et du point d'indice des fonctionnaires ne constituent, en aucun cas, une réduction durable de la dépense publique. Après un long silence donc, pour répondre à ça, le député PS interrogé préfère dire qu'en aucun cas il ne veut mettre Manuel Valls, en difficulté -"on fait ça pour l'aider"- en notant, au passage, que le Premier ministre a été bien plus à l'aise lors de sa déclarartion de politique générale que lors de l'annonce du plan, la semaine dernière, "un plan qui n'est pas de lui, mais de François Hollande". La Socialiste Valérie Rabault, la nouvelle Rapporteure du budget à l'Assemblée, questionnée de la même façon, décrit, elle, la recherche "d'un point d'équilibre entre le gouvernement et la majorité", mais qui passe -on l'a compris- par l'abandon des gels annoncés. En échange, ces députés socialistes proposent d'étaler, de repousser à un peu plus tard, certains allègements promis aux entreprises, et notamment les plus grandes. Pour notre député socialiste sorti de son silence, un tel rééquilibrage aurait un évident avantage politique, mais aussi sa pertinence économique puisqu'il doperait (un peu) la demande intérieure (la consommation des ménages et l'investissement des collectivités locales), sans rogner la politique pro-entreprise engagée. Pour résumer: ce rééquilibrage éviterait, conclut-il dans une formule choc "que les retraités financent les allégements de charges des entreprises".

Rouge. La Russie entre en récession: c'est le ministère russe des finances qui le dit: après un 1er trimestre négatif, la contraction du PIB russe se poursuit. 2 trimestres consécutifs "dans le rouge", c'est la définition d'une récession. Le modèle économique russe, reposant sur des prix élevés du pétrole et du gaz, s'essoufle mais c'est la crise en Ukraine, évidemment, qui accélère le processus, en provocant, notamment, un retrait massif des capitaux étrangers.Vert. En France, les prévisions de croissance du gouvernement, révélées par les Echos ce matin. C'est la clé de voûte du Programme de stabilité qui doit être présenté demain. Selon le journal, Bercy table sur une croissance de 1% cette année et 1,7%, l'année prochaine: c'est plutôt raisonnable. En revanche, plus optimiste pour la suite: un peu plus de 2% (2,25 exactement) à partir de 2016.

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