Les hôteliers, depuis quelques années, c'était entendu: ils étaient les grandes victimes d'Internet, et de notre nouvelle vie numérique. On les regardait avec un peu de condescendance: "eh bien, oui, aujourd'hui, on passe par les sites de réservation en ligne pour trouver une chambre, plus par vous. C'est comme ça. C'est la vie moderne. Tout le monde doit s'adapter". Les hôteliers, eux, racontaient comment ils s'étaient fait avoir: ces sites de réservation leur avaient promis d'augmenter leur clientèle, par la magie du Net et du réseau mondial, mais c'était, en fait, un jeu de dupes, un "racket". Les sites web, en concentrant toutes les infos et en imposant leurs règles, leur ont tout piqué: leurs clients, leur politique tarifaire et leurs marges. Hier, l'Autorité de la Concurrence a décidé de remettre un peu d'équilibre dans cette histoire. L'Autorité vient, en effet, d'ordonner à booking.com (qui concentre les 2/3 des réservations en ligne) de changer ses règles de fonctionnement, ce qu'on appelle ses "clauses de parité". C'est une première victoire pour les hoteliers qui avaient lancé une procédure, il y a 2 ans. Ce qu'ils ont obtenu, c'est que booking.com ne leur dicte plus leur politique commerciale. Concrêtement, les hôteliers pourront définir combien de chambres, il mettent en vente, via ce site, et si booking n'en a plus en stock, il devra indiquer "plus de disponiblité sur ce site" et ne plus faire croire que l'hôtel est complet. Booking.com ne pourra plus leur interdire de proposer des chambres moins chères, ailleurs. Les hôteliers, sur place, par téléphone ou par mail- pourront accorder des rabais. Une limite, tout de même: les hôtels ne pourront pas proposer de tarifs moins chers, directement, sur leurs propres site web, mais ils pourront fortement suggérer qu'il suffit décrocher son téléphone. Ils lancent, d'ailleurs, cette campagne à la rime riche: "mon hôtel, je l'appelle". Et résument, ainsi, la décision d'hier: "nous allons redevenir des commerçants". Réguler internet, c'est parfois possible.

Oui ou non? Les étudiants et les apprentis pourront-ils bénéficier, eux aussi, de la future "prime d'activité"? On ne sait toujours pas. Ce qui est clair, c'est que cette extension (possible) de la nouvelle aide ne figure pas dans la Loi (sur le dialogue social), présentée en Conseil des ministres aujourd'hui. Mais François Hollande, un peu seul dans son propre camp, veut l'imposer. La question sera, donc, tranchée lors du débat parlementaire. Dans l'étude d'impact, qui accompagne le projet de Loi, on peut lire, noir sur blanc, en tout cas, que les apprentis et les étudiants n'ont pas à bénéficier de cette prime, qui est une incitation à prendre ou reprendre une activité. Elle ne concerne donc pas les personnes encore en formation. L'autre argument soulevé par ce document officiel, émanant du gouvernement lui-même, est financier: intégrer les étudiants et les appprentis (à budget constant) obligerait à baisser de 10 euros par mois, l'aide de tous les autres.

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