Le mouvement de la Bourse hier, à Paris, comme ailleurs en Europe, a parfaitement résumé le sentiment ambiant. Première impression, à la mi-journée: le soulagement. Les indices boursiers se sont envolés. Et puis finalement, dans l'après-midi -réflexion faite-, l'inquiètude l'a emporté. Les indices se sont retournés, et la journée a finit dans le rouge: -0,82% pour le CAC 40. Hier en fait, tout le monde, à la bourse et ailleurs, avait les yeux rivés sur la méga-opération menée, depuis Francfort, par la Banque Centrale Européenne. Et c'est l'analyse -d'abord positive, puis négative (on l'a compris) de cette opération, qu'ont reflété les indices boursiers. Cette opération de la BCE était inédite: pour la première fois de son histoire, la BCE lançait une opération de financement des banques européennes pour une durée de 3 ans (d'habitude, les échéances sont beaucoup plus coutes). Le taux d'intérêt proposé était très faible (1%), et les sommes allouées, avait promis la Banque Centrale Européenne, était illimitées. C'était "open bar", autrement dit. Dans l'esprit des dirigeants de la Banque Centrale Européenne, l'opération doit permettre de redonner de l'air aux banques. D'éviter, du coup, qu'elles limitent leurs crédits (aux entreprises et aux particuliers). Et donc que la crise ne se propage, encore plus, à l'économie réelle. Les résultats ont dépassé toutes les prévisions: 523 banques européennes sont venues taper au guichet de la BCE, hier matin. Pour un montant record d'argent distribué: presque 500 milliards d'euros. C'est ce que la bourse a salué, immédiatement en prenant 2%, avant, finalement, de s'inquièter: si les banques ont été si nombreuses à participer, si elles ont tant emprunté, est-ce que ce n'est pas le signe qu'elles vont, en fait, plus mal qu'elles veulent bien le dire? Et revoilà, la bonne vieille déprime... renforcée par ce sentiment: cet argent, les banques vont, évidemment, s'en servir pour financer l'économie, avec au passage une belle marge bénéficiaire (elles empruntent à 1% et prêtent 6-7%) mais en aucun cas, ne vont-elles s'en servir pour acheter, massivement, de la dette européenne. C'est dommage, parce que c'est ce qui paraît, pourtant, la priorité des prochains mois, pour vraiment mettre fin à la crise.

Choisir. En pleine crise, le gouvernement réfléchit à l'idée d'Accords "salaire contre emploi". L'idée fait, en effet, son chemin dans la majorité, au gouvernement et au sein du patronat, alors que Nicolas Sarkozy promet des "mesures fortes" contre le chômage, à l'occasion du Sommet social du 18 janvier prochain. Hier, Xavier Bertrand, le ministre du travail, a reconnu que ces Accords, fréquents en Allemagne, pourraient être appliqués en France. Leur principe: en échange du maintien des emplois, les salariés consentent à des baisses de leur salaire ou de leur temps de travail. La CGT y voit un "chantage à l'emploi".Retirer. Petit "trou d'air", en novembre, pour le Livret A: le total des dépôts, sur un mois, a légèrement baissé, selon des chiffres publiés hier: rien de grave. Les retraits ont dépassé, de 40 millions d'euros, les dépôts, sans doute, dans la perspective des courses de Noël.Manger. Justemment: le prix de l'assiette du réveillon reste "plutôt stable", selon les professionnels, à l'exception des huîtres: +15%, en moyenne, en raison de la surmortalité qui les frappe (le virus court toujours...). Pour le foie gras, les chapons, la volaille, les hausses des prix sont "raisonnables", dit-on, malgré l'augmentation très sensible, pour les producteurs, du coût de l'alimentation animale.

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