Retour, ce matin, sur le "grand cafouillage" de la fin de semaine dernière. Cafouillage, signé Xavier Darcos, qui dû retirer, moins de 24 heures après sa publication, sa liste des "mauvais élèves" dans lutte contre le stress au travail. Jeudi, le ministère du Travail, publie sur son site internet, ce qu'il appelle "l'état d'avancement de la prévention du stress dans les entreprises françaises de plus de mille salariés". Il s'agit, en fait, de 3 listes (déclinées par régions): une liste "verte", où sont rassemblées les entreprises vertueuses, celles qui ont signé des accords "stress" ou lancé des plans d'actions. Une liste "orange", pour celles qui ont, simplement, engagé des négociations. Enfin, la liste "rouge" pour les entreprises qui n'ont rien fait. Et pour celles qui n'ont pas pris la peine de répondre au questionnaire du ministère. C'était donc, jeudi à la mi-journée. Et le succès, sur internet, est immédiat: plus d'un million de connections, en quelques heures. 40 fois plus que d'habitude! Et c'est sans doute ce succès qui a, tout aussi vite, inquièté les entreprises, soucieuses de préserver leur image de marque. Certaines ont protesté. Publiquement, ou par un coup de fil -paniqué- au ministère. Le Medef, lui, a agité ses réseaux. Appelé l'Elysée et Matignon. Matignon, qui s'est fâché et qui a demandé au ministre de travail de retirer ses listes. Ce qui a été fait, dès vendredi matin. Les arguments avancés, officiellement: il y a des erreurs factuelles dans les listes ; les critères retenus sont trop flottants ; il y a eu trop de précipitation! Sans doute. Sauf que c'est surtout l'esprit même de la démarche qui est contesté. Cette idée de publier une liste des "bons et mauvais élèves", c'est la pratique dite du "name and shame", très prisée chez les anglo-saxons, mais quasiment inédite en France. "name and shame": nommer et humilier. Pas de Loi, pas de nouvelle taxe pour régler un problème (ici, le stress au travail), mais des règles et des normes, et la dénonciation de ceux qui ne les respectent pas. C'est à l'opinion, ensuite de réagir. Et de boycotter, par exemple, les entreprises qui ne suivent pas le mouvement. Visiblement, en France, les esprits ne sont pas mûrs. Chez Xavier Darcos, on dit ne rien regretter. Et on croit avoir créé une certaine dynamique, et une prise de conscience sur le stress. On ajoute aussi (perfidement) que sur le site internet, reste affichée la liste "verte", et aussi une autre liste: celle des entreprises de plus de mille salariés qui doivent agir contre le stress. En recoupant les 2, on peut donc, ce matin encore, vérifier quelles entreprises n'agissent pas correctement. Les tarifs du gaz pourraient augmenter de 9% au 1er avril! C'est le Figaro qui a fait le calcul, ce matin, en applicant la formule tarifaire prévue. +9%, c'est la hausse maximale que GDF Suez est en droit de réclamer à l'Etat, au 1er avril. Selon de nouvelles règles, fixées tout récemment, ce n'est plus -théoriquement- au gouvernement de donner son accord (ou pas) à cette augmentation. La décision revient à une autorité indépendante: la Commission de Régulation de l'Energie. Grève totale. Chez Total, la CGT a quitté la réunion organisée par la direction, hier soir. Le syndicat appelle à "durcir" le mouvement de grève dans les raffineries et les dépôts de carburant. L'avenir d'Heuliez. Hier, Ségolène Royal, la présidente de la région Poitou-Charentes où est située l'entreprise, a affirmé qu'une grande mutuelle, installée à Niort, s'apprête à entrer dans le capital d'Heuliez. Elle n'en a pas dit plus. Une "grande mutuelle" à Niort, il y a l'embarras du choix: Macif, Maïf et Maaf. On devrait tout savoir, mercredi.

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