C'est toute la difficulté de l'exercice auquel s'est prêtée Martine Aubry, hier, au nom du Parti Socialiste : dévoiler un "Plan de relance", face à la crise, qui n'a, de fait, aucune chance de voir le jour, puisque le PS n'est pas au pouvoir. L'objectif du coup (on ne va pas faire semblant de ne pas avoir compris), c'est donc d'alimenter le débat économique et démocratique. Mais là, du coup, le risque de ce travail "virtuel", c'est de proposer un peu tout. Et peu trop. D'entrée, on peut donc s'étonner, qu'avant hier, les socialistes s'inquiètent de la dette française (qui se creuse), et que le lendemain (hier, donc), ils proposent un Plan à 50 milliards d'euros, soit 2 fois plus que ce que le gouvernement met en place ! La suppression du "paquet fiscal" et du "bouclier" du même nom que propose le PS ne suffit pas, en tout cas, à financer toutes ces mesures. Evacuée la question budgétaire, il reste la philosophie générale du Plan : la vraie proposition socialiste, c'est le soutien massif à la consommation. Ce n'est pas une surprise, ils n'ont pas arrêté de le souligner, que Nicolas Sarkozy se trompe en privilégiant la seule relance par l'investissement. Les mesures sont nombreuses du coup : elles relèvent beaucoup de l'ADN des socialistes français, leurs "vieilles lunes" dira la Droite. Retenons : la relance des emplois-aidés, l'augmentation des allocations-logement, un chèque de 500 euros, envoyés aux ménages les plus modestes quand le gouvernement se contente de 200. Deux mesures détonnent. D'abord l'augmentation du SMIC. Là, ça surprend beaucoup les économistes... jusqu'aux plus keynésiens d'entre eux. Cette mesure n'est pas forcément bienvenue, disent-ils, alors que nombre d'entreprises (les plus petites) se battent pour éviter la faillite : la question là, c'est l'emploi contre les salaires. L'autre mesure, c'est la baisse générale de la TVA : c'est ce qu'a fait Gordon Brown, au Royaume-Uni. En France, le PS propose 1 point de TVA en moins. La mesure est coûteuse, peut produire des effets rapidement mais avec beaucoup de conditions. Le vrai débat est quand même peut-être là : si la consommation des ménages français devait s'écrouler, dans les prochaines semaines, l'idée, sans doute, reviendra dans le débat. Les banques françaises rassurent. Depuis quelques jours, elles étaient très malmenées à la bourse. Hier, en avance sur le calendrier, la Société Générale a révélé ses résultats pour 2008 : 2 milliards de bénéfices attendus (merci à la banque de détail, et aux clients !). BNP-Paribas, le Crédit Agricole et le Crédit Mutuel devraient être également positifs. En revanche, Dexia, Natixis et les Caisses d'Epargne afficheront des pertes. Tout comme, probablement et pour la première fois de son histoire, la Caisse des dépôts et consignations. Le gouvernement français confirme qu'il s'apprête à prêter, aux 6 plus grandes banques françaises, plus de 10 milliards d'euros supplémentaires. L'objectif affiché, c'est de renforcer leurs fonds propres, pour qu'elles prêtent davantage aux particuliers et aux entreprises. Pas de bonus, non plus... Carlos Ghosn n'aura pas de bonus, cette année. Tout comme la tentaine de membres du Comité de direction de Renault : annonce faite hier alors que Christine Lagarde, la ministre de l'Economie demande, précisément, aux constructeurs d'y renoncer pour bénéficier de l'aide de l'Etat. Silence, pour le moment, du côté de PSA.

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