Ce serait LA grande surprise du discours de Nicolas Sarkozy, cet après-midi, devant le Parlement, réuni en Congrès : l'annonce d'un "coup de pouce" au SMIC. Presque 3,5 millions de salariés sont concernés (1 million sont à temps partiel) mais ils ne doivent, en fait, rien attendre (ou espérer): il n'y aura pas de "coup de pouce", cette année encore, accordé au salaire minimum. Le gouvernement va s'en tenir (ou presque) à la seule formule mathématique prévue. Une addition (toute simple): l'évolution des prix à la consommation (hors tabac) + la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire de base ouvrier. Oubliez la formule, retenez, le résultat pour cette année : +1,25% d'augmentation. 11 centimes de plus, à l'heure. Et un SMIC mensuel (brut) à 1333,50 euros. Si politiquement c'est dur à tenir, le discours officiel pourrait être celui-là : 1,25% ce n'est pas beaucoup (c'est vrai), mais "estimez-vous heureux" puisqu'avec une inflation négative, comme nous la connaissons en ce moment, une application stricte de la formule donnerait une augmentation du SMIC plus faible encore. En fait, derrière les mathématiques, se cache, comme souvent, la politique. Comme pour le prix du gaz et de l'électricité, comme pour le Livret A, les augmentations du SMIC sont calculées en fonction de données objectives (statistiques, prix de marché...) que personne ne peut contester. Mais le gouvernement garde, pour lui, une certaine marge d'interprétation. Depuis quelques années, les tentatives pour "dépolitiser" ces questions-là n'ont pas manqué, mais à chaque fois, la politique est revenue au galop. On l'a vu récemment pour le Livret A. Le gouvernement, embarrassé, tente de ralentir la baisse, inexorable, de sa rémunération. Pour le gaz, on sait que des négociations sont en cours, pour contourner la formule (elle imposerait une baisse des tarifs, tout de suite, avant une hausse, avant la fin de l'année. Le gouvernement va, du coup, sans doute, refuser l'une et l'autre). Pour le SMIC, c'est pareil sauf que là, on reproche au gouvernement de ne pas actionner le levier à sa disposition, de ne pas accorder de "coup de pouce" pour ne s'en tenir qu'à un arbitrage, en façade simplement économique entre la situation des entreprises dans cette crise, et les revendications syndicales pour un soutien à la consommation. L'emploi contre les salaires. On n'en a pas fini avec les déficits. Et ça ne surprendra personne sauf que les montants deviennent véritablement astronomiques. Eric Woerth les a révélés hier soir. Le ministre du budget estime désormais que le déficit public de la France dépassera les 7% du PIB, cette année, mais aussi l'année prochaine. C'est 2 fois plus qu'en 2008. Pour l'Etat, ça donne presque 130 milliards de déficit. Bercy reconnaît que les rentrées fiscales, cette année (l'impôt sur les sociétés, la TVA...) ne dépasseront pas celles de 1999, soit un bond de 10 ans en arrière ! Pour la Sécurité sociale, c'est 20 milliards, cette année. Et 30 milliards de déficit, encore, l'année prochaine. Nicolas Sarkozy, dans son discours de Versailles cet après-midi, ne pourra pas éviter le sujet. La question de l'âge légal de départ à la retraite devrait être évoquée. Commme un moyen de réaliser des économies. Tout comme la réforme des collectivités territoriales.

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