Un peu seul, Eric Woerth se débat comme un beau diable, depuis quelques jours, pour ne pas être emporté par l'affaire Bettencourt, et son volet le plus rocambolesque (en tout cas, à ce stade): les enregistrements pirates d'un ancien maître d'hôtel au service de la "femme la plus riche de France". Dans ces enregistrements -on le sait-, son nom apparaît à plusieurs reprises, comme celui de son épouse, Florence, qui travaille pour la société chargée de gérer la fortune de Liliane Bettencourt. Eric Woerth n'a de cesse, depuis ces révélations, d'expliquer qu'il n'a "rien à voir avec tout ça". Et de donner à chaque fois, une explication aux accusations lancées: les chèques signés par la milliardaire? C'est du financement politique, dans le cadre prévu par la Loi: c'est légal! L'histoire du terrain, (pris à la Monnaie de Paris) pour être rendu à l'Institut qui y a construit un amphithéâtre André-Bettencourt: c'est de la "simple" gestion du patrimoine de l'Etat: "une affaire qui était en cours quand je suis arrivé à Bercy", explique Eric Woerth (lancée, en fait, par Nicolas Sarkozy, mais il ne le dit pas). Il n'y a, donc, aucun problème, là non plus. Reste, la question, bien plus fondamentale, des éventuels "conflits d'intérêts" entre son ancien emploi de ministre du budget, et le travail de son épouse, employée d'une société de Liliane Bettencourt. Cette société, c'est ce qu'on appelle une "family office", une toute petite structure, chargée de gérer au mieux le patrimoine d'une personne, ou d'une famille. Riche, évidemment. Ca passe par des placements (en bourse ou ailleurs): classique. Ca passe aussi par ce qu'on appelle de la "défiscalisation", ou de l'optimisation fiscale: l'utilisation des "fameuses niches", qui permettent de réduire ses impôts. Et ça peut passer, enfin, par de l'évasion fiscale, pure et simple. Illégale. Eric Woerth affirme que son épouse n'était chargée que des investissements. Pas du reste. Et que si elle avait pris connaisance d'une quelconque fraude, elle l'aurait dénoncé et serait partie. Depuis hier, on a l'un et l'autre. La fraude est avérée: c'est Liliane Bettencourt, elle-même qui l'a confirmé, dans un communiqué. Et elle promet d'y mettre fin, en rappatriant en France, son argent caché en Suisse. Et Florence Woerth s'en va, mais "ça n'a rien à voir" explique encore Eric Woerth: puisqu'elle s'en va pour des "raisons personnelles". Pour des "problèmes relationnels avec son patron". La rigueur gagne, encore, du terrain, en Europe. Aujourd'hui, c'est au tour du Royaume-Uni d'annoncer un vaste plan d'économies. Un "budget d'urgence", présenté par le nouveau gouvernement, qui a trouvé, à son arrivée au pouvoir, un déficit public à plus de 10%. Les Britanniques se préparent, donc, à un plan d'austérité "sans précédent", mélant hausses d'impôts et coupes budgétaires. Au total, plus de 40 milliards d'euros d'économies, dès l'année prochaine, en Grande-Bretagne. 40 milliards d'économies... c'est aussi l'objectif du gouvernement français. Même si le Ministère de l'Economie et l'Elysée minimisent les propos de Claude Guéant, tenus hier dans le Financial Times: "non, il n'y a pas d'amplification" du plan de réduction de la dépense publique, affirme Bercy. Les Echos, ce matin, annoncent, cela dit, que le gouvernement prépare un gel du point d'indice des salaires dans la fonction publique, pour les 3 prochaines années. Il serait même envisagé de supprimer l'augmentation prévue, au 1er juillet prochain. Pourtant prévue de longue date. La BNP rétrogradée. Par une agence de notation. Ca arrive aussi aux banques! BNP Paribas reste bien notée, mais Fitch souligne qu'elle reste trop dépendante de ses activités de marchés, et que la qualité de ses actifs s'est déteriorée.

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