C'est il y a presque 1 mois, à l'occasion d'un de ces petits-déjeuner qu'apprécient beaucoup les grands patrons (et les journalistes). Ce jour-là, il faisait beau, Alexandre de Juniac a choisi de s'installer en terrasse. "Ca ne vous dérange pas?". Vous avez le soleil dans les yeux, mais vous répondez: "pas du tout". En fait, le patron d'Air France KLM est en tournée. En tournée d'explications sur la situation de son entreprise: "pas bonne du tout" confirme-t-il d'entrée. "Air France doit se désendetter. Si la flotte d'avions est bonne, les infrastructures sont trop lourdes, coûtent trop cher. La compagnie n'est pas rentable". Alexandre de Juniac vient d'entamer, avec ses syndicats des négociations très délicates. L'objectif affiché, par la direction d'Air France, est clair: elle veut baisser de 20% ses coûts de production. "Ce qui nous placera simplement dans la moyenne de nos concurrents. Pas plus" dit-il. Alexandre de Juniac prend quelques minutes ensuite, pour démentir les informations qui viennent de sortir dans la presse (je rappelle: on est alors fin mai). 5 mille suppressions de postes? "Je ne confirme pas, dit le patron d'Air France, "un audit est en cours. On verra". On a vu. Hier, officiellement, il a annoncé 5 mille 122 suppressions d'emplois. La presse n'avait pas tort. Et pour cause: les syndicats-maison parlent de "fuites" savamment organisées par la direction. Alexandre de Juniac connaît -c'est vrai- toutes les ficelles. En fin politique (il a été le directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy), il a veillé scrupuleusement au calendrier: les suppresions d'emplois n'ont été annoncée qu'après les élections. En tout cas, il y a un mois comme hier, Juniac continue à vanter le sens des responsabilités des syndicats. Eux dénoncent son chantage ("signez mon plan, sinon ce sera pire"). Lui affirme tenir un discours "de vérité": c'est ça (des départs volontaires, des temps partiels imposés, un travail plus intensif mais aussi des investissements pour améliorer la qualité de la première classe, notamment) ou le démentèlement de l'entreprise. Le gouvernement semble, jusqu'ici soutenir sa démarche. Il reste moins de 15 jours (la date butoir pour signer un Accord est fixé au 6 juillet) pour voir si la méthode Juniac est validée.

Moins cher. Le baril de brut est passé, hier, sous les 80 dollars, à New York, pour la première fois depuis 8 mois. A Londres, le baril de Brent (le pétrole de la Mer du Nord) atteint son niveau le plus bas depuis fin 2010! En fait, depuis mars (moment où il était au plus haut), le pétrole a perdu 1 tiers de sa valeur: c'est la conséquence du ralentissement de l'économie mondiale. A la pompe, cette baisse est répercutée mais amoindrie en raison du recul, parallèle, de l'euro face au dollar.Moins bonnes. Moody's dégrade la note de 15 banques mondiales, dont les 3 Françaises: le Crédit Agricole, la Société Générale et BNP Paribas. Les grandes américaines, Bank of America et Citigroup, ne sont plus qu'à 2 crans de la catégorie spéculative.Moins bien. Le coup de pouce sur le SMIC sera très limité: 2% seulement selon les Echos, ce matin. Une grande partie ne constituerait qu'une "avance" sur l'augmentation réglementaire de janvier prochain.

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