"On peut parler de tout ce que voulez ". C'est François Pérol , qui ainsi, en novembre dernier, entamait un déjeuner de travail avec des journalistes. On parle, donc de tout : de la régulation bancaire, de la taxe sur les transactions financières, de la conjoncture... François Pérol est comme les portraits le décrivent, affable. Mais vient alors la question sur son "affaire" et, immédiatement, l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée se referme. "Je ne dirai rien ". On insiste, parce le journal Le Monde vient de publier des extraits du réquisitoire du parquet financier qui l'accable et réclame son renvoi en correctionnelle. François Pérol répond par une boutade, ironique et acide: "La procédure a été respectée, le réquisitoire a été délivré, et transmis à la presse. Tout est normal ". Le patron du groupe BPCE ne rigole plus. Cette affaire, décidément, ne le quitte pas, et ne le quittera jamais. Conseiller de Nicolas Sarkozy - précisément sur les questions économiques -, il a accepté, en 2009, de prendre la tête des deux banques, La Caisse d'Epargne et La Banque Populaire , pour accélérer leur fusion. Son procès s'ouvre aujourd'hui, pour "prise illégale d'intérêt". C'est le procès des années Sarkozy, pour certains, années où tout se décidait à l'Elysée, et où les amis étaient bien servis. C'est une plongée "dans les coulisses de la finance", pour le syndicat Sud BPCE, à l'origine de la plainte, où (pour le syndicat) "se croisent les ambitions et les manoeuvres d'une conjuration hétéroclite de banquiers, d'avocats, de politiciens, de conseillers du Prince et de communicants". Pour la défense de Pérol, on oublie, aujourd'hui, ce qu'était l'époque: la crise financière, les banques qui tombaient comme des mouches, les plans de sauvetage sui se multipliaient. Dans le cas des établissements deLa Caisse d'Épargne et de la Banque Populaire , plombées par leur filiale communeNatixis , il y avait urgence. Et le besoin était de montrer que l'Etat reprenait la main, mais sans nationaliser (tout l'esprit des plans de l'époque). D'où le choix de François Pérol, qui n'a pas démérité depuis. "Son bilan est plutôt bon" reconnait, d'ailleurs, un syndicaliste-maison, non-impliqué dans le procès, qui s'inquiète, comme d'autres, de la situation que pourrait créer une condamnation du patron. Pas la définitive, mais dès la première instance. S'il s'accroche, en prétextant un appel, explique un connaisseur du secteur bancaire, "le superviseur européen des banques ne pourra pas faire autrement que de se pencher sur son cas".

4, c'est bien. Emmanuel Macron contre les "rapprochements opportunistes". C'est ainsi que Bercy a qualifié, dès hier, le projet de Patrick Drahi, patron de Numéricable-SFR , qui veut racheter Bouygues Telecom , et ramener le marché français du mobile, de quatre à trois opérateurs. Emmanuel Macron est réticent, donc. Craintes pour l'emploi, évidemment. Pour les tarifs, et pour l'État lui-même, qui réclame des investissements pour développer la fibre ou mettre fin aux "zones blanches". Le gouvernement, encore, qui attend 2,5 milliards d'euros pour son appel d'offres à de nouvelles fréquences 4G. De quoi l'inquiéter: s'il y a moins d'opérateurs candidats, les enchères grimperont moins haut.

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