C'est hier soir, au Sénat. Précisément, dans les Salons de Boffrand, à la Présidence du Sénat. Derrière les vitres, la pluie arrose copieusement le Jardin du Luxembourg. Au vestiaire, une bonne blague d'économiste donne le ton de la soirée: "avec ce temps, le parapluie prend de la valeur". Bienvenue à la remise du Prix 2012 du Meilleur Jeune Economiste. 12 ans que Le Monde et le Cercle des Economistes le décernent, chaque printemps. Le moment est mondain, plaisant. Bon buffet. Le tout-Paris de l'économie est là. Jean-Pierre Bel, le président du Sénat, ouvre la manifestation. Et Eric Orsenna, l'académicien-romancier-économiste joue les maîtres de cérémonie: "j'aime venir au Sénat", dit-il, "on est mieux ici qu'à Cannes". Les discours s'enchaînent, avec quasiment à chaque fois des économistes qui s'excuseraient presque d'être encore là: "on n'a pas vu venir la crise. On n'a pas su trouver les bonnes mesures pour la contrer", mais bon, on reste "utiles", non? En fait, c'est Michel Camdessus, presque 80 ans, qui rebooste l'assistance. L'ancien Directeur général du Fonds Monétaire International caresse la salle dans le sens du poil. Il y a presque 20 ans, explique-t-il, son numéro 2 d'alors au FMI, l'économiste de renomée internationale, Stanley Fischer -"stan" comme il dit- lui avait prédit ceci: "la France sera bientôt un vivier de la pensée économique mondiale". On relit, du coup, le palmarès du Prix: Emmanuel Saez, Thomas Philippon, David Thesmar, Thomas Piketty, Ester Duflot, Philippe Martin, Pierre Cahuc... ce n'est pas si mal. Parmi les économistes nominés cette année, 2 enseignent dans des prestigieuses universités américaines: le MIT et Stanford. Le lauréat 2012, lui, est franco-français: formé en France et enseignant en France. Il s'appelle Hippolyte d'Albis. "Un nom de personnage de roman" lâche Eric Orsenna. Hippolyte d'Albis, 38 ans, décrit son travail: "il cherche à évaluer l'impact de la démographie sur l'économie". "Vous pensez que la démographie c'est du très long terme, que ce n'est pas déterminant au jour le jour: vous avez tort, c'est exactement l'inverse. Le choc des baby-boomers, par exemple: c'est aujourd'hui qu'on le vit. Il impacte notre système de retraite et il rend sensible la question de la dépendance". Hippolyte d'Albis termine en évoquant ce qu'il appelle les pensées irrationnelles: sur le vieillissement, la surpopulation. Sur les migrations. Elles existent mais il faut leur opposer une "approche raisonnée".

PIB régionaux. C'est la "carte de France" de l'activité économique, dessinée par le cabinet Asterès. Globalement -on le sait-, la croissance française sera faible, mais 2 régions vont même connaître, cette année, la récession: la Lorraine et la Picardie, plombées les secteurs en difficultés: l'automobile, l'ameublement ou le textile. A l'inverse, 4 régions devraient faire mieux que la moyenne nationale, cette année: la Corse (1% de croissance attendu), l'Aquitaine, Midi-Pyrénées et l'Auvergne. L'aéronautique, le tourisme, l'agroalimentaire et la pharmacie restent les secteurs les plus porteurs.Franco-allemand. Selon Pierre Moscovici, des "compromis" sont possibles avec l'Allemagne pour relancer l'activité en Europe. Le ministre de l'Economie cite l'accroissement des moyens de la Banque Européenne d'Investissement, la mobilisation des Fonds structurels inutilisés et la création d'une taxe sur les transactions financières. Berlin, en revanche, rejette toujours les "eurobonds", c'est-à-dire la mutualisation des dettes européennes.

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