Attention, c'est totalement addictif. Comme une série télé. Certes, ce n'est pas rythmé comme "24h chrono", pas violent que "Dexter", ou aussi guindé que "Downtown Abbey". Pour ce qui est des coulisses du pouvoir, "Scandal" fait beaucoup plus fort mais, oui, malgré les apparences, les auditions de la Commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Cahuzac rendent très vite "accro". Elles ont commencé, hier. Et sont diffusées intégralement sur le site de l'Assemblée nationale. En direct, ou en "télé de rattrapage". Hier, pour lancer la série, 3 épisodes ont été diffusés à la suite. Le premier avec les journalistes qui ont révélé l'affaire, Edwy Plenel et Fabrice Arfi, de Médiapart. Le second avec l'un des personnage-clé de l'histoire: Michel Gonelle, qui a recueilli, sur son portable, et dans les conditions que l'on sait, l'enregistrement au cours duquel Jérôme Cahuzac évoque son compte en Suisse. Enfin, 3ème épisode: l'audition des membres du cabinet du ministre. A chaque fois, ça commence lentement, on dit qu'on va s'ennuyer. Parfois, c'est confus, et on dit qu'on va être dépassé mais, finalement, on reste scotché devant son ordinateur, et devant cet exercice de transparence et de démocratie. Charles de Courson, le président de la Commission d'enquête le rappelle à chaque début de séance, comme un gimmick: "nous sommes ici pour faire la lumière sur d'éventuels dysfonctionnements du gouvernement et des services de l'Etat. Notre objectif: savoir qui savait quoi et à quel moment". Hier, on est très vite rentré dans le sujet, Edwy Plenel rappelant que "ceux qui voulaient savoir le pouvaient". Les députés l'interrogent, du coup, sur ce que l'avocat de Mediapart, Jean-Pierre Mignard, a pu dire de l'enquête à son ami François Hollande: "il lui a dit que nos informations étaient bonnes" lâche Plenel. Fabrice Arfi, son enquêteur, lui, sera poussé à reconnaître que le montage exact de la fraude de Jérôme Cahuzac (le compte est passé de l' UBS à la banque Reyl), il l'a découvert "comme n'importe qui, avec l'enquête judiciaire". Un point essentiel pour déterminer si Pierre Moscovici et Bercy ont posé la bonne question aux autorités suisses. Dans les rangs des députés, on se dit satisfaits de cette première journée. C'est là, la grande différence avec les séries télé: ici, à la fin de l'épisode, on peut appeler directement les personnages. Qui sont déjà le positionnement politique. "Ces premières auditions ont montré l'implication directe de François Hollande et Jean-Marc Ayrault" affirme un élu UMP. Ce qui fait doucement rigoler, l'un de ses collègues socialistes, qui préfère noter les explications alambiquées de Michel Gonnelle, qui "a eu bien du mal à justifier pourquoi il n'a rien fait de cet enregistrement, pendant plus de 10 ans". Prochains épisodes, mardi prochain.

La grande évasion. L'Irlande se défend d'être le "champion" européen du dumping fiscal. Hier, les révélations sur la stratégie d'évitement de l'impôt du géant américain Apple menaient, quasiment toutes en Irlande. Le patron de l'entreprise, devant le Sénat américain s'est défendu d'être un fraudeur: "nous payons tous les impôts que nous devons" a dit Tim Cook. A Dublin aussi, le gouvernement a dû se defendre: "nous n'accordons aucun taux d'impôt réduit aux entreprises étrangères" a-t-il dit, ajoutant: "toutes paient 12 et demi%" ajoute-t-il alors que, manifestement, dans le cas d'Apple, c'était beaucoup moins.Aujourd'hui, au Sommet européen, cette question du "dumping fiscal", mais aussi des impôts dérisoires payés par les multinationales ne devraient pas être abordées. Les débats portent sur l'évasion fiscale des seuls particuliers, et sur l'idée d'instaurer un échange automatique d'informations. Le Luxembourg et l'Autriche rechignent.

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