C'est la CGT qui la souhaitait cette journée nationale de mobilisation syndicale. L'organisation de Bernard Thibault aurait même voulu l'organiser pendant campagne des Régionales, mais devant le refus de la CFDT, le mot d'ordre a finalement été lancé pour demain, mardi. Juste après le 2ème tour. Appels à la grève. Et appels à des rassemblements, un peu partout en France. Ca pourrait ressembler à un "3ème tour social" sauf qu'il n'y aura pas de "grande manifestation nationale", à Paris. Comme à chaque fois que les syndicats ne sont pas vraiment sûrs de mobiliser, c'est la solution qu'ils choisissent: une journée d'actions... décentralisées. Et ce sera donc le cas, demain. Pour la première fois depuis le 6 octobre dernier, salariés du public et salariés du privé sont invité à défiler ensemble... mais on ne s'attend pas, à une mobilisation massive, même si dans l'Education nationale, dans les transports, les perturbations seront nombreuses. Le succès de la Gauche, dans les urnes, ne devrait donc pas se traduire dans la rue. En tout cas, pas immédiatement. Pas demain. Et d'abord parce que les syndicats -contrairement, à ce qui s'était passé l'année dernière- partent en ordre dispercé, cette fois-ci. Force Ouvrière a choisi de faire cavalier seul. A Paris, le syndicat de Jean-Claude Mailly défilera dans son coin: il rejette le mot d'ordre "fourre-tout" de l'intersyndicale. La CFTC et les cadres de la CGC, eux, ne défileront pas. "Trop de manifs tuent les manifs" dit le président de la CFTC, Jacques Voisin qui préfère, dit-il, faire les choses dans l'ordre: discuter d'abord, avec le gouvernement, et descendre dans la rue ensuite si on n'obtient pas satisfaction. Mais satisfaction sur quoi? Les syndicats, qui appelent à manifester demain, ne sont pas totalement d'accord sur les priorités: la CFDT et l'UNSA mettent en avant la crise et ses conséquences: l'emploi, le pouvoir d'achat. La CGT, la FSU et Solidaires parlent, pour leur part, essentiellement "retraites". En fait, imaginée le 15 février dernier, au soir du Sommet social de l'Elysée, cette journée devait être comme une sorte de "première salve": un "tir de semonce" en direction du gouvernement. Mais, voilà, les électeurs ont tiré les premiers. Et la journée de demain, qui plus est en pleine séquence de remaniement gouvernemental a maintenant, toutes les chances de rater son objectif. Barack Obama obtient sa réforme de l'assurance-maladie! C'est évidemment une victoire très importante pour le président américain. Après 9 mois de bataille parlementaire, la Chambre des représentants a adopté, cette nuit, sa réforme du système de santé. Elle doit permettre l'extension de la couverture maladie à 95% de la population (de moins de 65 ans). Paradoxalement, cette réforme est aussi un moyen de faire des économies: elle devrait réduire de 138 milliards de dollars le déficit américain. Le nouveau refus d'Angela Merkel. Hier, elle a redit son opposition à une aide financière directe à la Grèce. La Chancelière allemande a même affirmé que cette question ne doit pas figurer, jeudi, à l'ordre du jour du Sommet européen. L'avenir des chômeurs en fin de Droits. Ceux qui, cette année, n'auront plus ni indemnité-chômage, ni aide de l'Etat. Syndicats et patronat ont RDV à Bercy aujourd'hui pour tenter de trouver une solution.

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