Par obligation Pour rejoindre l'annexe de la Mairie, où les élus marseillais ont leurs bureaux, ça ne s'invente pas, il faut passer par la rue de la prison. Pas la case, la rue! Arrivé, au Pavillon Daviel, on peut choisir de monter l'immense escalier de cet ancien Palais de justice. On peut aussi choisir l'un des ascenseurs, aussi peu rassurants que ceux de France Inter, à Paris. C'est au 3ème étage que Jean-Louis Tourret gère les finances de Marseille depuis 17 ans. 17 ans adjoint de Jean-Claude Gaudin. Il connaît sur le bout des doigts les comptes de sa ville. Pas plus tard qu'il y a 3 jours, au cours du Conseil municipal, il a fait adopter son nouveau budget, pour 2012. Les élus socialistes ont dénoncé une "ville gérée au jour le jour", un "manque de rigueur et de sincérité". Le coût pour les contribuables du futur nouveau stade vélodrome a été dénoncé, critiqué: la routine, quoi. Mais pour l'adjoint aux finances, ce budget 2012 comporte une "nouveauté", dictée par les circonstances. Cette année, et ce pour la première fois depuis 10 ans, Marseille va lancer, sur le marché une émission obligataire. Ne fuyez pas: je vous explique. Pour financer ses investissements (et il y en a: il y a des grues, partout ici), Marseille jusqu'ici contractait, tout naturellement, des prêts auprès des banques. Mais voilà, avec la disparition de Dexia, mais aussi en raison des nouvelles normes imposées au secteur bancaire, les collectivités locales ne trouvent plus de banques qui acceptent de les financer! Et quand elles le veulent, c'est à des taux prohibitifs. C'est un immense problème au niveau national dont on parle peu: l'année dernière, l'Etat a dû trouver 5 milliards en urgence, pour éviter des faillites. Pour 2012, les collectivités n'ont pas envie de se retrouver dans la même situation, et Marseille, comme d'autres, a décidé, donc, de se tourner vers le marché: celui des obligations. Lundi, l'adjoint aux finances a obtenu le feu vert pour lancer une opération à 150 millions d'euros. Ces obligations, estampillées "Ville de Marseille", seront proposées, très bientôt, à des investiseurs, assureurs ou caisses de retraite. Le taux d'intérêt sera un peu plus élevé que ce Marseille obtenait des banques, ces dernières années, mais aujourd'hui, elle n'a plus le choix. Elle n'a pas eu le choix, non plus: elle a dû faire appel aux agences de notation. Fitch et Standard&Poor's sur la Canebière. Il fallait venir à Marseille pour entendre ça: "les agences ont fait du bon travail" dit Jean-Louis Tourret. Qui a obtenu, pour sa ville (il est vrai), 2 bonnes notes: A et A+.

Vives les riches! Le gouvernement britannique va baisser les impôts des plus riches. Quand la campagne présidentielle reprendra totalement en France, on peut parier que cette info sera beaucoup commentée. Hier, le gouvernement Cameron a annoncé une baisse du taux maximal de l'impôt sur le revenu, de l'autre côté de la Manche. Il va être ramené à 45%. L'impôt sur les sociétés va, lui aussi, être abaissé pour attrirer les entreprises en Grande-Bretagne.

Mètres carré. Le pouvoir d'achat immobilier des Français: c'est une étude qui doit être publiée, ce matin, par empruntis et meilleursagents.com. L'idée est d'évaluer combien un ménage moyen peut acheter de mètres carrés, d'une ville à l'autre. A Marseille, c'est 51 mètres carré. Lyon, 55. A Paris, c'est bien plus petit: 31 mètres carrés seulement.

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