L'invitation est sobre, envoyée par mail aux journalistes. Un fond bleu, et ces quelques mots: "François-Henri Pinault, Président-Directeur général de PPR vous invite à découvrir la prochaine étape de la transformation du Groupe", vendredi 22 mars, à 9h15, à Paris. "Café d'accueil à partir de 9h", précise encore l'invitation. C'est donc dans une heure et demi que le mystérieux événement aura lieu. Chez PPR, on refuse d'en dire plus mais il y a quelques jours, l'agence financière Bloomberg a vendu la mèche: si François-Henri Pinault convoque la presse, ce matin, c'est pour révéler le nouveau nom de son groupe. Ca fait des mois qu'on en parle, c'est pour aujourd'hui! Bloomberg est même allé jusqu'à révéler ce nouveau nom: PPR va devenir "Kering". K.E.R.I.N.G. On en saura plus, tout à l'heure (le grand patron va, évidemment, expliquer son choix, lui donner un sens, l'inscrire dans une stratégie plus globale) mais selon les premiers commentaires, lus ici et ou là, "Kering" ferait référence au mot anglais "caring". Le "care" comme dirait Martine Aubry. "Prendre soin", en français. Pour François-Henri Pinault, il s'agit de prendre acte du dernier basculement opéré par son groupe. Un groupe qui ne cesse d'évoluer, et qui, à chaque fois, effectivement, a changé de nom. D'abord conglomérat industriel (le groupe s'appelait alors "Pinault SA", spécialisé dans le bois), puis groupe de distribution (Pinault-Printemps, Pinault-Printemps Redoute ensuite), il est, depuis 3 ans, recentré sur le luxe, et le sport, le "livestyle", comme on dit. PPR, l'acronyme qui n'avait plus beaucoup de sens. D'où le changement de nom. Kering, on a demandé de commenter ce nom à Marcel Botton, l'un des spécialiste français du "naming". Areva, Thales, Vivendi, Vinci, Safran, c'est lui. Comme Pôle Emploi, ou Velib'. Il n'est pas intervenu, en revanche, pour PPR. "Ce nouveau a été retenu, dit-il, d'abord parce qu'il peut être prononcé de manière identique, dans quasiment toutes les langues, le "K", par exemple. Marcel Botton confirme aussi: un "torture test" a sûrement dû être mené. Son but, on le comprend, c'est de vérifier que le nouveau nom n'est pas "ridicule", ou qu'il ne fait pas référence à quelques chose de péjoratif, dans les grands marchés visés par l'entreprise. Parfois, ça arrive, et ce n'est pas terrible. On se souvient que Toyota avait souhaité lancer une voiture MR2 en France, mais prononcé "merdeux", c'était moins bien!

Bon prix. La France s'endette toujours à un très bon prix. Hier l'Agence France Trésor, qui gère la dette française, a réussi à emprunter 8 milliards d'euros sur les marchés dans des conditions très favorables. Avec des taux en baisse. Depuis le début de l'année, à moyen et long terme, ça donne un taux d'intérêt "record" à 1,42%. L'abandon de l'objectif de passer sous les 3% de déficit cette année ne pèse pas, semble-t-il, pas plus que la déclaration étonnante, hier, du président de l'eurogroupe, affirmant que la France va devoir donner une "sacrée bonne raison" -c'est son expression- pour justifier le dérapage de ses comptes publics.Plate. Pour redresser ces comptes, ne pas compter sur la croissance: l'INSEE la voit toujours aussi "plate": 0% au premier trimestre, 0,1% au second.Morte. La taxe à 75%. Le gouvernement doit recevoir, ce matin, l'avis officiel du Conseil d'Etat. Pas de surprise à attendre: il va bien préconiser de ne pas dépasser un plafond global des impôts fixé aux "2 tiers des revenus", soit les 66,66% révélés, hier. A Bercy, on maintient l'objectif de taxer les très haut-revenus. Et on affirme que pour y arriver, "toutes les options restent ouvertes".

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