Mardi, devant le Congrés des maires de France, cette déclaration de François Hollande est passée plus discrètement que celle sur le mariage homo. "Nous devons en tenir compte": le commentaire du Président de la République ne faisait pas référence, là, à la "liberté de conscience des maires", mais à Moody's, et sa décision de retirer son "triple A", à la France. "Nous devons en tenir compte". Un grand patron français, qui était reçu, à l'Elysée, par un proche conseiller de François Hollande, précisément quelques heures après l'annonce cette dégradation, traduisait, hier matin, à sa manière, la pensée présidentielle: "(1) il a compris qu'il faut diminuer les dépenses publiques. (2) Il a va maintenir la pression sur les syndicats et le patronat pour qu'ils aboutissent dans leur négociation sur le marché du travail. Et (3), il va accélérer sur le Pacte de compétitivité. Sur ce dernier point, il n'a pas fallu attendre longtemps pour obtenir confirmation. Alors qu'on parlait d'un texte, instaurant le "Crédit d'impôt" de 20 milliards d'euros, qui aurait pu être discuté, en janvier prochain, au Parlement (histoire d'attendre la fin de la "grande négociation sociale", et de rassembler les 2 dans un même texte, comme le réclame la CFDT), le gouvernement vient de décider d'aller beaucoup plus vite. Le Crédit d'Impôt va être introduit dans un texte, qui doit être discuté à l'Assemblée... dès la semaine prochaine! A Matignon, on réfute tout lien avec Moody's. On refuse, même, de parler d'accéléreration du calendrier: "on a toujours dit que le dispositif entrerait en vigueur au 1er janvier 2013. Le faire voter maintenant évitera les éventuelles contestations sur la rétroactivité de la mesure". Et puis "ça calmera, les organisations patronales", Medef et CGPME, qui réclament une adoption rapide du Crédit d'impôt Compétitivité. Rapide et surtout "sans conditions". Message reçu 5/5 parce qu'en accélérant le calendrier, l'Elysée et le gouvernement cherchent, avant tout, à couper l'herbe sous les pieds de leur majorité. A l'Assemblée, des députés PS souhaitaient discuter, précisément, des conditions du Crédit d'impôt: faut-il vraiment que toutes les entreprises y aient droit, même celles qui ne sont exposées à la concurrence internationale? Est-ce qu'on ne devrait pas mettre certains garde-fous pour éviter que les 20 milliards d'aide accordés aillent, directement, dans la poche des actionnaires? A l'Assemblée, du coup, on est fâché. "En accélérant le processus, on n'aura pas le temps d'amender le texte" (y compris sur son volet "recettes, la TVA") en conclut un député socialiste. "Nos groupes de travail, à peine réunis, sont déjà cramés". Puis, il lâche: "ça commence à ressembler à la méthode Sarkozy".

Espagne-France. Renault augmente sa production et créé des emplois mais c'est en Espagne! Hier, le constructeur français a confirmé la création, entre autres, de 2 nouvelles plateformes de production, de l'autre côté des Pyrénnées. Ainsi que la création de mille 300 emplois. Renault a fait cette annonce, après la signature récente d'un Accord avec les syndicats espagnols, qui ont accepté une hausse du temps de travail, ou encore le plafonnement des augmentations de salaires. L'Espagne sert, du coup, d'exemple pour Renault, en pleine négociation, cette fois-ci, en France, avec ses syndicats.En ligne. Selon le Figaro, Amazon, le distributeur en ligne américain, envisage d'implanter, en France, une 4ème plateforme logistique. Elle serait construite dans le Nord-Pas-de-Calais.

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