Avec cette crise financière et l'intervention massive des Etats, on parle beaucoup du "retour de Keynes". John Maynard Keynes, c'est cet économiste britannique qui a expliqué que le fonctionnement normal des marchés ne mène pas forcément à l'équilibre : "l'autorégulation est un leurre", autrement dit. C'est ce qui justifie l'intervention publique. Pour sauver les banques, c'est désormais chose faite. Mais pour ce qui est de relancer l'économie, autre grande idée développée par Keynes (relancer l'économie en creusant temporairement les déficits) là, c'est une toute autre affaire. En France, en tout cas. L'idée de Keynes, c'est que la relance doit se faire par un soutien de la demande, de la consommation. Par exemple en baissant les impôts et les taxes, ou (comme l'ont fait les Etats-Unis au printemps) en envoyant des chèques du Trésor public aux ménages les plus pauvres, les plus modestes. A ce stade de la réflexion en France, on en est bien loin : quand vous posez la question à un élu de la majorité, il vous rétorque immédiatement que "les caisses sont vides". Il poursuit en expliquant que la "relance", c'est une vieille idée... une idée qui "a échoué en 81, avec Mitterand". Il vous démontre, enfin, que ce serait un "coup d'épée dans l'eau" puisque l'argent ainsi versé servirait, d'abord, à acheter des lecteurs DVD et des écrants plats, fabriqués en Chine - ça, évidemment, ce n'est pas du "Keynes" dans le texte et ça repousse, donc, toute idée de Plan de relance. D'ailleurs, à l'Elysée, on dit simplement préparer des mesures ciblées pour soutenir l'économie. La "prime transport" a du plomb dans l'aile. Ce sont les députés UMP qui tentent de "torpiller" la mesure : ils ont adopté un amendement en ce sens, hier soir, en Commission des affaires sociales. La "prime transport", voulue par le gouvernement, doit alléger la "facture" mensuelle des salariés dans leurs déplacements domicile-travail (en transport en commun, ou en voiture). Pour les auteurs de l'amendement, la mesure ne se justifie plus, le cours du pétrole ayant fortement baissé. Le débat, en séance publique, est programmé pour la semaine prochaine. La "déprime", toujours, sur les places boursières mondiales. Tokyo a perdu, ce matin, presque 7%. Wall Street, hier, a fini dans le rouge. A Paris, le CAC 40 a évité le "repli" grâce aux banques : leurs titres ont fortement progressé grâce à leur recapitalisation publique - Sans entrée de l'Etat dans leur capital. L'euro est au plus bas depuis mars 2007. La monnaie européenne s'échange désormais en dessous de 1 dollar 30.

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