C'est tout sauf banal ce qui a été définitivement acté, hier: le maintien d’Henri Proglio à la tête de Véolia Environnement, alors qu’il sera avant la fin du mois prochain, nommé PDG d’EDF. Comme annoncé, l’homme va donc diriger simultanément 2 groupes: l’un privé, l’autre public. 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulés. 500 000 salariés, au total. Côté gouvernement, la situation n’a pas l’air de choquer. Nicolas Sarkozy souhaitait absolument confier la présidence d’EDF à Henri Proglio. Avec, semble-t-il, le soutien (en tout cas, la bienveilance) de la CGT maison. Le Président a, du coup, cédé à son exigence de rester à la tête de Véolia. De l’opposition, on n’a guère entendu de protestation. Côté Véolia, en apparence, pas de problème, non plus. C’est le privé, on s’adapte! La gouvernance de l’entreprise va simplement être modifiée: c’est le sens de la décision d’hier. Henri Proglio ne sera plus, à l’avenir, Président Directeur-Général de Véolia… mais simplement Président de son Conseil d’administration. Un fidèle, Antoine Frérot, deviendra Directeur général et un poste de vice-président sera, également, créé et confié à Louis Schweitzer, l’ancien patron de Renault. Dans ces conditions, comment Henri Proglio va-t-il répartir son temps entre EDF et Véolia? Christine Lagarde, cette semaine, l’a expliqué: "à Véolia, il jouera un rôle de guide, de stratège, mais c’est EDF qui absorbera la totalité de ses forces opérationnelles". Le gouvernement se veut rassurant, c’est normal: c’est bien un patron à plein temps qui arrive! Mais alors, pourquoi donc reste-t-il à Véolia ? Après 36 ans dans la maison, Proglio ne se résignait pas à la quitter, explique-t-on. En fait, plus prosaïquement, il n’avait pas l’intention d’abandonner ses stocks-options et, surtout la retraite-chapeau qui lui ait promise. A Véolia, certains s’émeuvent-ils, tout de même, de cette situation: un Président qui occupe 100% de son temps à autre chose qu’à présider? Les Administrateurs (membres du Conseil d’administration), notamment Daniel Bouton, l’ancien patron de la Société Générale, Baudoin Prot, l’actuel de la BNP, Louis Schweitzer (déjà cité), Jean-François Dehecq (de Sanofi Aventis), n’ont pas pipé mot, semble-t-il: ils ont tout validé. Entre amis. Les actionnaires, eux, n’ont pas eu le droit à la parole. En tout cas, à ce stade puisque la solution retenue, hier (la dissociation des fonctions de Président et de Directeur-Général) n’oblige pas à passer par la case « Assemblée générale ». Si les actionnaires ne sont pas d'accord, tant pis pour eux! Le budget 2010 perturbe, décidément, beaucoup la majorité. Et hier, c'est le budget de la Sécurité Sociale qui a été à l'origine d'un nouveau couac. En Commission des Finances, une députée UMP s'est abstenue au moment du vote pour sciemment empêcher son adoption: c'est tout à fait inédit. Ca ne bloque pas le processus, mais Marie-Anne Montchamp voulait, de cette façon, rappeler le mécontentement de certains élus de la majorité qui réclament une augmentation de la CRDS pour de réduire la dette de la Sécu. Le gouvernement refuse. Dans l'hémicycle, c'est la réforme de la Taxe professionnelle qui est en débat, et là encore le gouvernement refuse que les entreprises paient plus qu'initialement prévu. L'euro... ... toujours au plus haut: 1 dollar 50, hier. La croissance en Chine... ...+8,9% au 3ème trimestre, annonce Pékin, ce matin.

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