C'est le dessin de Willem, ce matin, dans Libération. Il évoque la pénurie de carburant. Nicolas Sarkozy est habillé en pompiste. Il clame, haut et fort: "pour le départ en vacances: pas de problèmes!". Mais une bulle trahit sa pensée "c'est le retour qui m'inquiète". Voilà, résumée, la situation dans laquelle se trouve le gouvernement. Après avoir nié l'existence d'une pénurie (ça, c'était le week-end dernier et, encore lundi matin), après avoir, finalement, décidé d'agir (après, notamment, quelques coups de gueule des d'élus UMP qui, sur le terrain, constataient -comme tout le monde- que les automobilistes galéraient pour faire leur plein), après avoir décrêté le déblocage des dépôts de carburants, et des raffineries (c'est le cas, ce matin, de celle de Grandpuits), c'est, bel et bien, la "suite" que doit, maintenant, gérer, anticiper, le gouvernement. Un quart des stations-service étaient encore à sec, hier. En permettant l'accès à tous les dépots de carburant, y compris ceux des raffineries, le gouvernement peut légitimement prévoir un retour rapide à la normale, aux pompes d'ici 4 à 5 jours. Mais ensuite? Qu'on ne s'y trompe pas (et les grévistes de Grandpuits le rappellent ce matin) le personnel réquisitionné, s'il arrive à aller travailler, ne l'est pas pour produire du carburant. Mais simplement pour livrer ce qui reste dans les cuves des raffineries. Total, hier, a confirmé qu'avec, l'arrêt de la raffinerie de Gonfreville, il ne produit plus une goutte de carburant, en France. Combien de temps, pouvons-nous, donc, tenir? La réponse depuis le début cette grève n'est pas extrêmement claire. Elle fluctue, beaucoup. On le sait, il existe des stocks stratégiques: 90 jours de consommation au total. Un peu plus même, lit-on par ci, par là. On a d'ailleurs découvert, ou redécouvert à cette occasion, l'existence d'immenses "réserves quasi-naturelles", creusées, près de Manosque, dans des couches de sel, à mille mètres de profondeur. 6 millions de mètres cube, planqués là-bas: ça fait un peu "James Bond", c'est rassurant. Mais ces stocks stratégiques, c'est obligation internationale. Ils ne peuvent être utilisés qu'en cas de force de majeure. Et avec l'autorisation de l'Union euopéenne et de l'Agence Internationale de l'Energie. Autrement dit: "partir et revenir de vacances" ne fait pas partie des motifs recevables. Restent, les stocks dits "industriels". Ils représentent une trentaine de jours de consommation normale, disaient les professionnels, au moment où a été prise la décision de les débloquer. Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat aux Transports a parlé, lui, de "10, 12 jours" de consommation. C'est là où on commence à frémir: sa déclaration date du 14 octobre. Il y a 8 jours. Un sursis aux parents isolés. La mesure est décriée (on en a beaucoup parlé. Elle vise les 4 millions et demi de divorcés, séparés ou veufs qui bénéficient d'une demi-part fiscale au titre de leur enfant majeur. Certains doivent perdre, progressivement, cet avantage fiscal. Hier, le gouvernement a décidé de reporter d'un an la mise en place de cette mesure. En 2012 (ce sont les Echos qui ont fait le calcul, ce matin), la réduction d'impôt maximale, au titre des parents isolés, restera donc fixée encore à 400 euros. G7 + G20. Début en Corée du Sud, ce matin, d'une réunion des ministres des finances du G7. Elle précède, de quelques heures, une réunion du G20. Au centre des discussions: la "guerre des monnaies" comme on l'appelle. La manipulation, par certains, des cours de leur monnaie pour stimuler leur économie. Au détriment des autres.

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