Par Bruce de Galzain.

Le Président de la République s'est engagé à fermer la centrale nucléaire alsacienne d'ici 4 ans maximum. Cela peut sembler lointain mais c'est demain lorsqu'il s'agit de démanteler deux réacteurs nucléaires. Et pour l'instant aucun dossier n'a été déposé par EDF pour lancer la procédure, c'est ce que nous apprenait hier dans les colonnes du JDD le président de l'ASN, l'Autorité de sureté nucléaire. Lorsque l'on demande à André-Claude Lacoste s'il est réaliste de fermer Fessenheim en 2016 il répond : «… c'est la décision du président. Mais nous ne sommes pas dans une dictature. Il ne suffit pas que le chef de l'Etat dise ça s'arrête pour que ça s'arrête. » En effet la procédure est longue : si EDF peut arrêter ses réacteurs immédiatement, le démantèlement ne pourra pas débuter avant 5 ans donc après l'élection présidentielle. Et puis il faudra une loi selon le patron de l'ASN… une loi qui devrait être votée aujourd'hui pour que le démantèlement soit envisageable dans 5 ans estime un avocat en droit de l'environnement. Mais dans cette affaire il y a aussi la bonne volonté ou pas d'EDF. Son patron Henri Proglio n'a aucune raison de fermer une centrale très rentable - aucune raison économique ou technique - la raison est politique puisque son actionnaire principal l'Etat le lui demande. Henri Proglio y va donc à reculons et petit à petit distille ses arguments comme la question de l'indemnisation financière. Il a dit en public qu'EDF allait engager des discussions avec l'Etat ; en privé l'homme est plus frondeur, il demandera bel et bien une indemnisation la plus forte possible car la société qui gère Fessenheim est cotée et elle appartient à près de 35% à des actionnaires suisses et allemands. Et cela pourrait coûter plus de 2 milliards d'euros à l'Etat pour compenser les investissements et le manque à gagner ! Sauf que le maintien d'Henri Proglio dépend uniquement de la volonté de son principal actionnaire. Quant au président de l'ASN, il quittera ses fonctions dans 3 semaines.

Le rapport reporté. Le rapport Gallois sur la compétitivité a bien du mal à sortir ! Il faut dire que ce qu'il prône a priori n'est pas du goût du gouvernement : un choc de compétitivité de 30 milliards dont 20 pour les entreprises, financé par une réduction des dépenses et une hausse de plusieurs taxes comme la CSG et la TVA. François Hollande a déjà pris ses distances en expliquant que ce rapport n'engage que son auteur ; pas moins de trois ministres ont dit la même chose en à peine 48 heures. Cet après-midi, ils seront réunis à Matignon pour parler... compétitivité.

Gaspillage alimentaire. Diviser par 2 le gaspillage alimentaire, c'est l'objectif du gouvernement d'ici 2025 car aujourd'hui chaque français jette 20 à 30 kg de nourriture chaque année dont 7 d'aliments encore sous emballage !

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