Par Marion L'Hour.

Il était parti à grand fracas, le fabricant de pneus Titan. Rappelez-vous, sa lettre en février dernier… Courrier incendiaire adressé à Arnaud Montebourg, pour lui annoncer que non, il ne reprendrait pas, finalement, la partie pneus agricoles de l'usine Goodyear d'Amiens.

A l'époque, Maurice Taylor, l'industriel américain, dénonce un syndicat fou (comprenez la CGT, majoritaire sur le site), il critique aussi les salaires élevés des ouvriers, qui ne travaillent d'après lui que trois heures par jour. Réponse immédiate du ministre français : vos propos sont extrémistes et insultants.

Bref, on se quitte fâchés. Et voilà qu'hier, Arnaud Montebourg annonce le retour de l'américain. Un nouveau projet de reprise. 333 emplois sur les 1200 de l'usine. 100 millions d'investissement. Le retournement est pour le moins surprenant. Plusieurs questions se posent donc... La première : ce projet est-il bien réel ? Goodyear affirme n'avoir reçu aucune offre. Titan ne confirme pas.

Maurice Taylor l'assure, il n'est au courant de rien en relation avec notre pays, je cite "de vins formidables et de belles femmes." Notez le changement de vocabulaire. Mais à Bercy on persiste et signe.

Maurice Taylor et Arnaud Montebourg se sont rencontrés, à Paris, le 27 août dernier. Depuis les conseillers s'activent de façon souterraine.

Et aujourd'hui, assure le ministère, le projet est suffisamment sécurisé pour qu'on puisse l'annoncer. Si Titan revient ça veut dire que le site a de l'avenir. Les autres acteurs du dossier confirment.

Autre question donc... Si ce projet existe, comment le concrétiser ?

C'est toute la difficulté si on en croit Alain Gest, député UMP de la Somme. Il préside la commission d'enquête parlementaire sur l'usine d'Amiens. Selon lui, il y avait plusieurs repreneurs en lice.

Tous auraient renoncé, à cause du climat social dans l'entreprise.

En plus, explique le parlementaire, même les clients quittent le navire.

Car la CGT les a assignés en justice. Le ministère français, lui, le reconnaît : il reste des choses à négocier. Et la CGT qu'en pense-t-elle ? Il y a du plus dans ce projet selon elle... la garantie d'une activité sur quatre ans, au lieu de deux autrefois.

Il y a surtout du moins : 333 emplois sauvés au lieu de 537 et ça c'est une farce, s'insurge le meneur de la lutte chez Goodyear, Michaël Wamen. Pressé d'en savoir plus demain, il a rendez-vous à Bercy. Et le syndicaliste prévient déjà : « si on se fout de notre gueule...ça va faire très mal ».

Le budget de la sécurité sociale arrive dans l'hémicycle. Après le budget, les députés s'attaquent cet après-midi à la Sécu. Avec plusieurs mesures controversées : la taxe sur les boissons énergisantes, 1 euro par litre ; la baisse annoncée des prix des médicaments, un milliard d'euros en tout. Les laboratoires n'apprécient pas.

Un autre article fait débat au sein même de la majorité : il prévoit de taxer les gains d'assurance vie, PEA et PEL à 15 et demi % même si ce taux était plus bas quand l'épargnant a réalisé ses plus values.

Conséquence de ces mesures et de la réforme des retraites, le déficit de la Sécu sera en baisse de 3 milliards et demi d'euros.

Stratégie. PSA restera une entreprise française en France. Dans Le Parisien le ministre du redressement productif se veut rassurant sur l'avenir du constructeur auto. Même si le chinois Dongfeng pourrait rentrer au capital. Un conseil stratégique sur le sujet se tient aujourd'hui.

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