Problème: il ne s'agit pas de parler des remboursements de médicaments (là, la tendance est plutôt inverse). Non, là il s'agit de parler de la situation financière de la Sécurité Sociale. Ce n'est plus un mystère: cette année, le régime général -maladie, retraites, familles, accidents du travail- va afficher une perte de 20 milliards d'euros. Et pour l'année prochaine, le gouvernement prévoit 30 milliards! Alors comment va-t-on financer ces déficits? Où trouver l'argent pour, précisément, continuer à rembourser les médicaments et payer les prestations sociales? Il y a peu encore, il existait une solution toute simple: on "sortait" ces déficits des comptes de la Sécu pour les mettre dans une caisse spécialement créée pour gérer la "dette sociale". On rembourse avec l'argent récolté grâce à la CRDS, prélevé, notamment, sur nos salaires. Problème: aujourd'hui, la loi interdit de procéder ainsi. Si on rajoute de nouveaux milliards de dette dans cette caisse (dit désormais la Loi), il faut augmenter dans les mêmes proportions les charges sociales. Ce qui va à l'encontre de crédo du Chef de l'Etat: "pas d'augmentation d'impôts!". Du coup, la Sécu va faire comme vous et moi, quand on a un soucis de ce genre: elle va réclamer à son banquier d'augmenter son "autorisation de découvert". Selon les Echos ce matin, cette autorisation va grimper à 60 milliards d'euros! Un record absolu et un record qui va coûter cher puisque (là encore... c'est comme pour vous et moi), un découvert c'est tout sauf un cadeau du banquier. Les frais financiers de la Sécu vont ainsi repartir franchement à la hausse: ce découvert pourrait coûter entre 500 et 800 millions d'euros, l'année prochaine à la Sécu. C'est aussi ça qui explique les mesures d'économies qui arrivent, comme l'augmentation du forfait hospitalier! La crise du lait: la France met la Commission européenne au pied du mur. 11ème jour, hier, de "grève du lait", avec de nouvelles opérations d'épandage. Hier soir, le ministre français de l'Agriculture, Bruno Lemaire, a appelé à la tenue d'un Conseil européen extraordinaire. La France a le soutien, désormais, de 18 autres pays membres de l'Union. Qui demandent, ensemble, à la Commission de Bruxelles de revoir sa copie et d'avancer de nouvelles propositions pour mieux réguler le prix du lait en Europe. Ce matin, pour le ministre -autre dossier, autre crise-: il reçoit les producteurs de fruits et légumes. Le service public dans tous ses états. Aujourd'hui, journée nationale de grève à la Poste, contre le projet de réforme du gouvernement qui conduit, pour les syndicats, à la privatisation. Même crainte à la SNCF: la direction présente aujourd'hui son projet de restructuration du fret. Il passe par la suppression de postes et le basculement d'une partie de l'activité vers des filiales à statut privé. Le G20, dans 2 jours à Pittsburgh. Ce matin, Gordon Brown estime que la création d'une taxe Tobin "vaut le coup d'être examinée". Mais le Premier ministre britannique ajoute qu'il faut obtenir pour ça une coopération mondiale complète. Et notamment celle des paradis fiscaux.

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